
Stripe ou Mollie en France : le moyen de paiement change la facture

Pour un marchand en France, Stripe revient moins cher sur une carte standard de l’Espace économique européen (EEE) si Mollie facture l’opération au tarif Visa ou Mastercard de particulier. Mollie prend l’avantage si le paiement relève effectivement de son tarif Cartes Bancaires (CB) grand public. Sur le prélèvement SEPA, les tarifs standards affichés sont identiques ; pour les paiements du Benelux, il faut regarder chaque moyen de paiement.
Le choix dépend donc de la répartition réelle des ventes, puis des fonctions nécessaires au projet. Quatre paniers hypothétiques de même volume permettent de comparer les frais de traitement en euros avant d’ajouter, selon les cas, le change, la gestion des abonnements, la prévention de la fraude et le calcul des taxes.
Pourquoi une « carte européenne » n’a pas un prix unique
La grille française de Stripe fixe les frais à 1,5 % + 0,25 € pour une carte standard de l’EEE, 2,8 % + 0,25 € pour une carte premium de l’EEE, 2,5 % + 0,25 € pour une carte britannique et 3,15 % + 0,25 € pour une carte internationale. Le prélèvement SEPA coûte 0,35 € par opération réussie. Une conversion de devises nécessaire ajoute 2 % au tarif de carte concerné.
La grille française de Mollie distingue Visa ou Mastercard de consommateur de l’EEE à 1,80 % + 0,25 €, Cartes Bancaires grand public à 1,20 % + 0,25 €, Visa ou Mastercard hors EEE à 3,25 % + 0,25 € et prélèvement SEPA à 0,35 €. Elle donne aussi des tarifs propres à iDEAL | Wero et à Bancontact. Pour une carte française, la présence du réseau CB ne suffit pas à garantir le tarif CB : la simulation doit retenir la ligne effectivement appliquée à la transaction.
La part fixe de 0,25 € augmente le poids des frais sur les petits achats. Elle est toutefois la même dans les lignes de cartes grand public utilisées ici : à montant de panier égal, c’est le pourcentage qui change le classement entre les prestataires. Une activité recevant surtout des cartes commerciales ou premium demanderait une simulation distincte.
Quatre paniers de 5 000 € : le classement change avec le paiement
Chaque panier est hypothétique : cent paiements réussis de 50 €, soit 5 000 € encaissés. Les calculs portent sur le traitement standard, sans conversion, remboursement, litige, échec de paiement ni service complémentaire. Les cartes du panier international sont émises hors EEE et hors Royaume-Uni afin de comparer les catégories correspondantes.
- Carte de particulier de l’EEE. Cent paiements au tarif carte standard de l’EEE coûtent 100 € chez Stripe. Au tarif Visa ou Mastercard de consommateur de l’EEE, ils coûtent 115 € chez Mollie. Si les cent transactions relèvent effectivement du tarif CB grand public, le coût chez Mollie descend à 85 €. Le réseau facturé inverse donc le résultat sur un même montant encaissé.
- Carte internationale. Pour cent cartes émises, par exemple, aux États-Unis et réglant un prix en euros, le traitement revient à 182,50 € chez Stripe et à 187,50 € chez Mollie. Aucune conversion n’est supposée dans ce panier : le pays d’émission de la carte et la devise du règlement sont deux variables distinctes. Les cartes britanniques exigent un autre calcul, car Stripe leur réserve une ligne tarifaire particulière.
- Prélèvement SEPA. Cent prélèvements réussis coûtent 35 € chez chacun des deux prestataires. Cette égalité concerne l’encaissement, pas forcément le coût de création des échéances, de facturation et de gestion d’un abonnement.
- Paiements Benelux. Pour cinquante paiements iDEAL | Wero et cinquante paiements Bancontact de 50 €, les tarifs locaux de Stripe sont de 0,29 € par iDEAL | Wero et de 1,4 % + 0,25 € par Bancontact. Les lignes correspondantes chez Mollie sont de 0,42 € et de 1,40 % + 0,25 €. Le panier coûte ainsi 62 € chez Stripe et 68,50 € chez Mollie ; tout l’écart provient d’iDEAL | Wero dans ce mélange précis.
Ces résultats illustrent des catégories tarifaires, pas une facture prévisible pour toute boutique française. Une vente supplémentaire par CB, une carte commerciale ou une part différente de paiements néerlandais et belges change le total. Pour comparer les deux offres, le nombre de transactions de chaque catégorie compte autant que le chiffre d’affaires encaissé.
Carte internationale et change : deux frais à ne pas confondre
Une carte émise hors EEE peut payer une commande en euros sans que le marchand ait besoin de convertir le règlement. C’est l’hypothèse du panier international : ses 182,50 € et 187,50 € correspondent aux seuls frais de traitement. Si une conversion est nécessaire chez Stripe sur l’équivalent de 5 000 €, son supplément de 2 % représenterait 100 € dans cet exemple conditionnel, en plus du coût de carte.
Chez Mollie, un paiement dans une devise différente de celle du solde principal peut entraîner un supplément de 1 % du montant payé, avec des exemptions et un minimum de frais. Appliqué théoriquement à 5 000 € de paiements concernés, ce taux donne 50 € avant ces conditions. Les deux suppléments ne se déclenchent pas selon le même critère : il faut connaître la devise présentée au client, celle du paiement et celle du solde avant de les intégrer au calcul.
Le trajet des fonds importe aussi pour un projet vendu dans plusieurs pays. Un solde dans la devise encaissée peut éviter certaines conversions, tandis qu’un versement demandé dans une autre devise peut en créer une. Comparer seulement le pays des acheteurs reviendrait à attribuer des frais de change à des opérations qui n’en ont peut-être pas.
Abonnements, fraude et taxes : ce qui s’ajoute au traitement
Pour une activité d’abonnement, la tarification à l’utilisation de Stripe Billing est de 0,7 % du volume traité par Billing, y compris pour les transactions Billing encaissées hors de Stripe ; les factures ponctuelles sont exclues. Si les 5 000 € du panier hypothétique passent entièrement par cette formule, la gestion via Billing ajoute 35 € aux frais de paiement. Ce supplément n’a pas lieu d’être dans une simulation limitée aux achats ponctuels sans Billing.
La tarification standard de Mollie inclut Recurring sans frais supplémentaires pour la fonction elle-même ; chaque échéance reste facturée selon le moyen de paiement utilisé. Pour un logiciel d’abonnement, le coût pertinent dépend également des fonctions attendues, comme les changements de formule, la facturation et les relances. Il faut comparer les composants réellement retenus dans chaque configuration, pas assimiler d’emblée deux offres de gestion récurrente à une même prestation.
La prévention de la fraude demande le même tri. Stripe inclut Radar Lite pour les paiements par carte dans son tarif standard, tandis que des capacités Radar plus avancées ont leur propre tarification. Ajouter un coût Radar à toutes les transactions Stripe gonflerait donc artificiellement les paniers de base ; un besoin de règles ou de contrôles supplémentaires doit être évalué séparément, quel que soit le prestataire choisi.
Enfin, Stripe Tax Basic avec intégration sans code coûte 0,5 % par transaction dans les territoires où l’entreprise est immatriculée pour collecter les taxes. Si toutes les transactions d’un panier hypothétique de 5 000 € entraient dans ce périmètre, le supplément serait de 25 €. Il rémunère le calcul et la collecte des taxes, pas le traitement du paiement ; une solution fiscale externe choisie avec Mollie constituerait elle aussi un poste distinct.
Quand le choix bascule-t-il pour les cartes françaises ?
Dans un panier composé uniquement de cartes de particuliers de l’EEE, de montants identiques et sans frais annexes, le point d’égalité se calcule à partir des tarifs publics. Si la moitié des transactions Mollie relève de la ligne CB grand public et l’autre moitié de la ligne Visa ou Mastercard grand public, le taux moyen atteint 1,5 % + 0,25 € par paiement. Il rejoint alors le tarif Stripe de la carte standard de l’EEE.
Au-delà de cette moitié facturée comme CB, Mollie revient moins cher sur ce panier précis ; en deçà, Stripe conserve l’avantage. Dès que le panier comprend des cartes internationales, des moyens locaux, du change ou des outils complémentaires, ce seuil ne suffit plus. Le bon choix est celui dont la somme des lignes correspondant aux paiements et aux fonctions effectivement utilisés est la plus faible pour le projet.
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