Micro-BNC en 2026 : 25,6 % partent avant même l’impôt

En 2026, pour une activité libérale non réglementée relevant du micro-BNC et ne dépendant pas de la Cipav, le calcul de base est : cotisations sociales = recettes encaissées × 25,6 %. Sur 1 000 € encaissés, 256 € partent donc en cotisations avant le calcul de l’impôt sur le revenu.
Il faut ensuite compter la contribution à la formation professionnelle (CFP) de 0,2 %. Sans ACRE ni versement libératoire, il reste ainsi 74,2 % des recettes avant impôt et dépenses professionnelles, soit 742 € sur 1 000 €.
Vérifier que le taux de 25,6 % s’applique

Le taux dépend de la catégorie de l’activité. La fiche officielle du régime micro-social fixe à 25,6 % le taux 2026 des activités libérales non réglementées, contre 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales relevant des BIC et 23,2 % pour les professions libérales affiliées à la Cipav. Elle précise également que la déclaration mensuelle ou trimestrielle reste obligatoire avec un chiffre d’affaires nul, même si aucune cotisation sociale proportionnelle n’est alors due.
La distinction BIC-BNC n’est donc pas une nuance de vocabulaire. Appliquer 21,2 % au lieu de 25,6 % ferait sous-estimer les cotisations de 44 € pour chaque tranche de 1 000 € encaissée. L’appartenance éventuelle à la Cipav doit également être vérifiée avant d’utiliser les calculs qui suivent.
Calculer le reste sur 1 000, 3 000 et 5 000 euros

La CFP se paie avec les cotisations, mais constitue une ligne distincte. Le barème 2026 du ministère de l’Économie confirme à la fois le taux social de 25,6 % pour les autres prestations de services BNC et une CFP de 0,2 % pour les prestations de services et professions libérales. Le total retenu ici atteint donc 25,8 % avant impôt.
Dans ces exemples conditionnels, le freelance relève des BNC hors Cipav et ne bénéficie ni de l’ACRE ni du versement libératoire :
- 1 000 € de recettes : 256 € de cotisations sociales et 2 € de CFP ; il reste 742 €.
- 3 000 € de recettes : 768 € de cotisations sociales et 6 € de CFP ; il reste 2 226 €.
- 5 000 € de recettes : 1 280 € de cotisations sociales et 10 € de CFP ; il reste 3 710 €.
La formule reproductible est recettes × 0,742. Le résultat n’est pas encore un revenu net personnel : les dépenses réelles ne réduisent pas l’assiette des cotisations en régime micro-social. Logiciels, assurance, matériel, sous-traitance et frais bancaires restent à financer avec cette somme.
Recalculer avec l’ACRE
L’ACRE réduit temporairement les cotisations sociales sans effacer la CFP. Pour une création ou une reprise à compter du 1er juillet 2026, le taux ACRE correspond à 75 % du taux normal, soit 19,2 % pour le cas étudié ; avec 0,2 % de CFP, le prélèvement atteint 19,4 %. Les créations antérieures au 1er juillet 2026 qui se trouvent encore dans leur période d’exonération peuvent relever de l’ancien taux de 12,8 % : il faut donc raisonner à partir de la date de début d’activité, et pas seulement de l’année civile.
Avec le taux ACRE de 19,2 %, les exemples deviennent :
- 1 000 € de recettes : 192 € de cotisations et 2 € de CFP ; il reste 806 € avant impôt et dépenses.
- 3 000 € de recettes : 576 € de cotisations et 6 € de CFP ; il reste 2 418 €.
- 5 000 € de recettes : 960 € de cotisations et 10 € de CFP ; il reste 4 030 €.
Ces montants ne valent que pendant la période d’application de l’ACRE. Une fois cette période terminée, le calcul revient au taux social normal de 25,6 %.
Séparer versement libératoire et impôt classique

L’impôt sur le revenu n’est pas inclus dans les 25,6 %. La fiche fiscale du micro-entrepreneur fixe le versement libératoire des BNC à 2,2 % des recettes ; sans cette option, le régime micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 %, puis soumet la base imposable au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Avec le versement libératoire et sans ACRE, il faut donc distinguer 25,6 % de cotisations sociales, 0,2 % de CFP et 2,2 % d’impôt : au total, 28 % des recettes. Il reste 720 € sur 1 000 €, 2 160 € sur 3 000 € et 3 600 € sur 5 000 €, avant les dépenses professionnelles.
Sans versement libératoire, le seul montant mensuel des recettes ne suffit pas à déterminer l’impôt. À titre d’exemple, 12 000 €, 36 000 € ou 60 000 € de recettes annuelles donnent respectivement une base imposable de 7 920 €, 23 760 € ou 39 600 € après l’abattement de 34 %. Le montant finalement dû dépend ensuite du barème, des autres revenus, du nombre de parts et des réductions ou crédits d’impôt du foyer.
L’abattement de 34 % est uniquement fiscal : il ne représente ni un remboursement de frais ni une somme retranchée des recettes disponibles. Il ne doit donc pas être utilisé pour calculer la trésorerie restant après les cotisations.
Passer des recettes au revenu réellement disponible
Une estimation complète sépare quatre éléments : cotisations sociales, CFP, impôt et dépenses professionnelles. La formule adaptée dépend des options du micro-entrepreneur :
- sans ACRE ni versement libératoire : recettes × 0,742, puis déduction de l’impôt calculé pour le foyer et des dépenses réelles ;
- sans ACRE, avec versement libératoire : recettes × 0,72, puis déduction des dépenses réelles ;
- avec le taux ACRE applicable depuis le 1er juillet 2026, sans versement libératoire : recettes × 0,806, puis déduction de l’impôt et des dépenses réelles.
Le chiffre d’affaires encaissé ne correspond donc jamais, à lui seul, au revenu disponible. Dans le cas central de cet article, 25,6 % financent d’abord les cotisations sociales, 0,2 % supplémentaires la CFP, puis viennent l’impôt selon le régime choisi et les coûts de l’activité.
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