Frais de télétravail en 2026 : 2,70 € par jour sans justificatif

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|6 min de lecture
Frais de télétravail en 2026 : 2,70 € par jour sans justificatif

En France, en 2026, l’employeur peut verser une allocation forfaitaire de télétravail exonérée de cotisations jusqu’à 2,70 € par jour sans justificatif de dépense, dans la limite de 59,40 € par mois. Si l’allocation est prévue par un accord collectif éligible, les plafonds passent à 3,30 € par jour et 72,60 € par mois. Ce sont des limites d’exonération, pas des montants automatiquement versés à chaque salarié.

La prise en charge peut aussi correspondre aux dépenses réellement engagées, avec des justificatifs. Pour l’impôt, il faut distinguer ce que l’employeur a remboursé de ce que le salarié souhaite déduire : la règle fiscale relative aux revenus 2025 varie selon qu’une allocation a été reçue et que le salarié choisit ou non les frais réels. Le barème social applicable en 2026 ne constitue donc pas, à lui seul, une déduction du revenu imposable.

Quel accord ouvre droit au plafond majoré ?

Le plafond majoré concerne l’allocation forfaitaire prévue par une convention collective de branche, un accord de groupe ou un accord professionnel ou interprofessionnel. Il faut que cet accord prévoie l’allocation : un texte qui organise seulement les jours de télétravail ne suffit pas à appliquer le barème majoré. Sans allocation prévue dans ce cadre, l’employeur utilise le barème ordinaire pour apprécier l’exonération du forfait.

Le plafond ne fixe pas pour autant l’étendue de l’obligation de l’employeur. Dans le secteur privé, les frais occasionnés par le télétravail doivent être pris en charge ; cette prise en charge peut prendre la forme d’une indemnité forfaitaire ou d’un remboursement des dépenses justifiées. L’existence d’une charte ou d’un accord sur l’organisation du télétravail, le montant effectivement payé et le plafond d’exonération répondent ainsi à des questions différentes.

Combien représente le forfait pour un à cinq jours par semaine ?

Deux modes de calcul figurent dans le barème social. Si l’allocation suit les jours effectivement télétravaillés pendant le mois, le plafond est de 2,70 € par jour, avec un maximum de 59,40 € par mois ; avec un accord éligible, il est de 3,30 € par jour, avec un maximum de 72,60 €. Si l’allocation mensuelle repose sur une fréquence habituelle par semaine, les bases sont respectivement de 11 € et 13,20 € pour chaque jour télétravaillé chaque semaine.

Pour une fréquence hebdomadaire régulière, la multiplication donne les plafonds mensuels suivants, selon que l’allocation est prévue ou non par un accord éligible :

  • Un jour par semaine : 11 € sans accord éligible, ou 13,20 € avec accord.
  • Deux jours par semaine : 22 € ou 26,40 €.
  • Trois jours par semaine : 33 € ou 39,60 €.
  • Quatre jours par semaine : 44 € ou 52,80 €.
  • Cinq jours par semaine : 55 € ou 66 €.

Il s’agit de plafonds pour le mode mensuel fondé sur la fréquence hebdomadaire, et non d’une conversion des journées effectivement réalisées. À titre d’exemple, si une allocation est calculée à la journée pour 23 jours de télétravail dans un même mois, la multiplication atteint 62,10 € sans accord éligible : le plafond sans justificatif reste alors de 59,40 €. Avec un accord éligible, le même calcul atteint 75,90 €, pour un plafond de 72,60 €. Le mode de calcul retenu change donc le résultat, même lorsque la fréquence habituelle paraît identique.

Quand faut-il justifier les dépenses réelles ?

Le remboursement au réel porte sur des frais professionnels identifiables. Il peut concerner les dépenses liées à l’usage professionnel d’un espace au domicile, la connexion, les fournitures ou le matériel nécessaire au télétravail. Les factures établissent la dépense ; lorsque celle-ci sert aussi à un usage personnel, il faut pouvoir expliquer quelle part relève de l’activité professionnelle. Un abonnement internet payé par le salarié, par exemple, ne démontre pas que son coût entier est imputable au travail.

La mention « sans justificatif » dispense de prouver chaque dépense couverte par un forfait qui reste dans le barème. Elle ne dispense pas de rattacher l’allocation à des jours de télétravail et à des frais professionnels. Si le versement forfaitaire dépasse le plafond applicable, l’exonération sociale au-delà du barème exige des justificatifs lors d’un contrôle. Un dépassement n’interdit donc pas toute prise en charge supplémentaire ; il change les preuves nécessaires pour en maintenir l’exonération.

Allocation ou frais réels : les quatre situations fiscales

  1. Un accord éligible prévoit l’allocation. Il permet d’utiliser le plafond social majoré pour le forfait versé dans ses conditions. Il ne crée pas de déduction fiscale supplémentaire pour le salarié. Le traitement de l’impôt dépend ensuite de l’allocation effectivement reçue et du choix entre la déduction automatique et les frais réels.
  2. Le salarié reçoit une allocation exonérée d’impôt. Il n’a pas à la déclarer. S’il choisit les frais réels, il ne peut pas déduire à nouveau les dépenses de télétravail que cette allocation couvre ; ses autres frais professionnels admissibles peuvent en revanche être pris en compte. S’il conserve la déduction automatique, il n’ajoute pas séparément ses dépenses de télétravail.
  3. Le forfait versé dépasse le plafond social. L’employeur doit pouvoir justifier les dépenses pour conserver l’exonération de cotisations sur le dépassement. Ce seuil social ne décide pas, à lui seul, de l’imposition de l’allocation. Si le salarié veut déduire des frais de télétravail supérieurs à l’allocation reçue, il doit réintégrer celle-ci dans ses salaires imposables avant de déduire les frais admissibles.
  4. Aucune allocation n’a été versée. Le salarié peut garder la déduction automatique appliquée aux salaires ou opter pour les frais réels. Dans ce dernier cas, les règles publiées pour les revenus 2025 permettent de retenir un montant par jour télétravaillé ou les dépenses exactes si cette méthode est plus favorable, sous réserve de pouvoir justifier les frais retenus.

Comment déclarer les frais retenus ?

L’option pour les frais réels concerne l’ensemble des frais professionnels du salarié, pas seulement le télétravail : elle remplace la déduction automatique de 10 %. Pour les revenus 2025, les frais sont inscrits dans les cases 1AK à 1DK de la déclaration. Il faut pouvoir détailler leur nature et leur montant et conserver les justificatifs, sans les joindre d’emblée. Le choix se fait donc sur le total des dépenses professionnelles admissibles, en tenant compte des allocations reçues selon la règle propre aux frais de télétravail.

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