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TJM freelance : 218 jours facturés peuvent fausser le revenu net

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|5 min de lecture| 11
TJM freelance : 218 jours facturés peuvent fausser le revenu net

Pour calculer un TJM réaliste, fixez d’abord le revenu annuel disponible recherché, ajoutez les frais professionnels et une provision pour l’impôt, puis reconstituez le chiffre d’affaires nécessaire avant cotisations. Divisez ce montant uniquement par les jours que vous pourrez effectivement facturer et encaisser.

L’hypothèse de 218 jours peut fausser le revenu attendu lorsqu’elle inclut des périodes consacrées aux congés, à la prospection, à l’administration, à la formation ou aux intercontrats. Dans l’exemple ci-dessous, elle ramène le TJM théorique à 364 euros, contre 496 euros avec 160 jours, alors que l’objectif annuel reste identique.

Reconstituer le chiffre d’affaires avant de calculer le TJM

Pour une activité libérale non réglementée hors Cipav relevant du régime micro-social, les dépenses professionnelles ne réduisent pas l’assiette sociale. La fiche de Service Public sur le régime micro-social précise que les cotisations portent sur les recettes réellement encaissées, fixe leur taux à 25,6 % en 2026 et indique un seuil de 83 600 euros pour les prestations de services et professions libérales.

Si « t » désigne le taux de cotisations, la formule devient : chiffre d’affaires cible = (revenu disponible souhaité + frais + provision fiscale) ÷ (1 − t). Le TJM correspond ensuite à ce chiffre d’affaires divisé par le nombre de jours facturés.

Cette formule suppose que le « revenu disponible » est ce qui doit rester après les frais, les cotisations et la provision fiscale. Cette dernière doit demeurer séparée : l’impôt sur le revenu dépend notamment du foyer, des autres revenus et des options fiscales. Il s’agit donc d’un budget personnalisé, pas d’un taux universel.

Trois scénarios pour un même objectif annuel

Un même objectif annuel réparti sur 160, 180 et 218 jours produit trois TJM différents.

Prenons un exemple explicitement hypothétique : 48 000 euros de revenu disponible souhaité, 6 000 euros de frais professionnels et 5 000 euros réservés à l’impôt. Avec 25,6 % de cotisations, le chiffre d’affaires cible atteint environ 79 301 euros, dont 20 301 euros de cotisations.

  • 160 jours facturés : TJM théorique de 495,63 euros, soit 496 euros arrondis. Par rapport au repère de 218 jours, 58 journées ne sont pas vendues.
  • 180 jours facturés : TJM théorique de 440,56 euros, soit 441 euros arrondis. L’écart avec le repère de 218 jours représente 38 journées.
  • 218 jours facturés : TJM théorique de 363,77 euros, soit 364 euros arrondis. Ce résultat ne préserve les 48 000 euros recherchés que si toutes ces journées sont réellement vendues et encaissées.

Dans les trois cas, la décomposition annuelle reste la même : 79 301 euros de chiffre d’affaires, 6 000 euros de frais, 20 301 euros de cotisations, 5 000 euros de provision fiscale et 48 000 euros disponibles. Seule la capacité de vente change, ce qui crée un écart de près de 132 euros par jour entre les scénarios extrêmes.

Pourquoi 218 jours constituent un scénario, pas une capacité garantie

Le calendrier distingue les missions facturées des congés, de la prospection, de la formation et des intercontrats.

Une simulation de revenus de TJMètre utilise une base de 218 jours travaillés pour calculer le chiffre d’affaires de plusieurs TJM et comparer différents statuts. Cette convention rend les résultats comparables, mais elle ne démontre pas que chaque freelance peut vendre ce volume.

Une méthode calendaire publiée dans le calculateur de nava Design part au contraire de 365 jours, retranche 104 jours de week-end, 9 jours fériés, 25 jours de congés, 10 jours de formation, 20 jours de prospection et d’administration, ainsi que 5 jours d’imprévus. Elle obtient environ 192 jours disponibles, puis 173 jours facturés avec un taux d’occupation de 90 %.

Les deux chiffres ne mesurent donc pas la même chose. Les 218 jours forment une base de simulation à remplir ; les 173 jours résultent d’une série d’hypothèses sur le calendrier et l’occupation commerciale. Ni l’un ni l’autre ne doit être repris automatiquement : la bonne valeur dépend du rythme de mission, des congés et du temps non vendu de l’activité concernée.

Le nombre de jours peut peser plus que quelques points de cotisations

Des semaines sans mission réduisent davantage le revenu annuel qu’un faible écart de cotisations.

À objectif annuel constant, passer de 218 à 160 jours augmente ici le TJM nécessaire de 131,86 euros. À titre de comparaison arithmétique, une baisse hypothétique du taux social de 25,6 % à 23,6 % réduirait le chiffre d’affaires cible d’environ 2 076 euros, soit seulement 11,53 euros par jour sur une base de 180 jours.

L’ordre de grandeur explique le risque du calcul fondé sur un calendrier trop rempli. Quelques semaines sans mission ne changent pas seulement la date d’encaissement : si le TJM a été déterminé sur 218 ventes, elles retirent du chiffre d’affaires qui devait financer à la fois le revenu, les frais, les cotisations et l’impôt.

L’effet apparaît aussi à tarif constant. Avec un TJM hypothétique de 400 euros, 160 jours produisent 64 000 euros de chiffre d’affaires, 180 jours en produisent 72 000 et 218 jours, 87 200. Après 25,6 % de cotisations, 6 000 euros de frais et une provision fiscale de 5 000 euros, il resterait respectivement 36 616 euros, 42 568 euros et 53 877 euros.

Fixer une hypothèse de jours défendable

Le nombre de jours doit provenir du planning commercial plutôt que du seul calendrier ouvré. Commencez par retirer les congés, la formation, l’administration et la prospection, puis estimez les périodes entre missions à partir de la durée des contrats, du carnet de commandes et de l’expérience de remplissage.

  1. Définissez le revenu annuel qui doit rester après les frais, les cotisations et l’impôt provisionné.
  2. Recensez les dépenses professionnelles annuelles sans les déduire de l’assiette micro-sociale.
  3. Calculez le chiffre d’affaires cible avec le taux correspondant exactement à l’activité et au statut.
  4. Établissez un scénario prudent, un scénario central et un plafond optimiste de jours réellement vendus.
  5. Divisez le même chiffre d’affaires cible par chaque volume afin de mesurer la sensibilité du TJM.

Les scénarios à 160, 180 et 218 jours ne prédisent pas le calendrier d’un freelance particulier. Ils rendent visible le prix de l’hypothèse : plus le nombre de jours retenu est élevé, plus le TJM calculé paraît bas et plus le revenu final dépend d’un remplissage sans marge.

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