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Solace Care lève 2,1 M€ : 25 000 assurés, mais via des partenaires

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|5 min de lecture| 2
Solace Care lève 2,1 M€ : 25 000 assurés, mais via des partenaires

Solace Care, plateforme numérique de préparation de fin de vie établie à Stockholm, a annoncé le 25 août 2026 une levée de pré-amorçage de 2,1 millions d’euros. Spintop Ventures mène le tour, auquel participent notamment Plug and Play, Further Than Capital, Wave Ventures et plusieurs dirigeants du secteur de l’assurance ; EU-Startups détaille l’opération et son affectation aux partenariats, à l’expansion géographique ainsi qu’aux équipes produit et commerciales.

La société revendique plus de 25 000 personnes couvertes en Suède, en Finlande et en Norvège. Ce chiffre ne correspond toutefois ni à 25 000 clients acquis directement ni à un décompte d’utilisateurs actifs : l’annonce de Solace Care attribue cette progression aux partenaires qui proposent le service à leurs propres clients.

Une levée alignée sur la vente aux assureurs

Solace Care présente son service à une équipe d’assurance chargée de son intégration dans une offre existante.

Le profil des investisseurs reflète le canal commercial choisi. Aux fonds présents dans le tour s’ajoutent Caroline Farberger, ancienne directrice générale d’ICA Försäkring, Fredrik Solberg, ancien directeur général d’Eir Insurance, Emil Lagerstedt-Karlsson, ancien responsable assurance et InsurTech chez Insurely, Tomi Yli-Kyyny, ancien directeur général de Fennia, et Stefan Moritz, ancien responsable de l’innovation chez Max Matthiessen.

Cette expérience sectorielle est directement liée au principal défi de Solace Care : vendre à de grandes organisations plutôt qu’à des particuliers isolés. Les contrats avec des assureurs et des courtiers passent par des cycles de vente, des procédures d’achat et des vérifications internes qui peuvent retarder le déploiement. En contrepartie, l’ouverture du service chez un partenaire peut donner accès d’un seul coup à une part importante de son portefeuille.

Le financement ne prouve donc pas encore que Solace Care dispose d’un modèle reproductible dans chaque marché européen. Il lui fournit surtout les moyens de développer ses ventes aux entreprises et de convertir de nouvelles discussions commerciales en déploiements effectifs.

Ce que mesurent réellement les 25 000 personnes couvertes

Un déploiement partenaire étend la couverture de Solace Care à des assurés, distinctement de leur activation et de leur usage.

Le modèle de Solace Care est B2B2C : l’entreprise passe par des organisations qui entretiennent déjà une relation contractuelle avec les bénéficiaires. L’assureur ou le courtier est le client ou le partenaire commercial ; les personnes couvertes forment la population à laquelle le service est rendu accessible dans le cadre de cette relation.

Cette mécanique explique pourquoi la couverture peut croître par paliers. Lorsqu’un partenaire met le service en production, plusieurs milliers d’assurés peuvent entrer simultanément dans le périmètre annoncé, sans que chacun ait créé un compte ou utilisé une fonctionnalité. Les 25 000 mesurent ainsi une portée distribuée, pas une fréquentation de la plateforme.

Les sources publiques ne donnent ni le nombre de partenaires déployés, ni celui des comptes activés, ni la proportion de bénéficiaires ayant enregistré des documents ou partagé des instructions. Elles ne ventilent pas non plus les personnes couvertes entre la Suède, la Finlande et la Norvège. Faute de ces indicateurs, il est impossible de comparer précisément accès contractuel, adoption et usage régulier.

La distinction est importante pour évaluer la traction commerciale. Le chiffre démontre que Solace Care a obtenu une distribution auprès d’acteurs disposant déjà d’assurés, mais il ne permet pas encore de mesurer l’engagement des bénéficiaires finaux ou la valeur d’usage constatée par les partenaires.

Un service placé avant et après le décès

Solace Care cherche à compléter le versement financier de l’assurance vie par un accompagnement pratique. Avant un décès, les bénéficiaires peuvent rassembler des documents, consigner leurs volontés et partager des instructions avec leurs proches ; après le décès, la plateforme guide la famille dans des démarches auprès de différentes institutions. La présentation de Coverager confirme aussi que le service est distribué par des assureurs vie, des organismes de retraite et des courtiers, avec la possibilité d’utiliser la marque du partenaire.

Ce positionnement rend le canal assurantiel particulièrement structurant. Un particulier n’a pas besoin de rechercher spontanément un outil consacré à la fin de vie : le service peut lui être proposé dans une relation d’assurance existante. Pour le partenaire, il ajoute une aide opérationnelle avant et après le décès ; pour Solace Care, il réduit la nécessité d’acquérir séparément chaque bénéficiaire.

Cette dépendance comporte aussi une limite. La disponibilité du service, son périmètre et son rythme de diffusion sont liés aux décisions de référencement et de déploiement prises par chaque intermédiaire. Les informations publiées ne précisent pas si toutes les fonctionnalités sont incluses de façon identique dans les différents contrats.

Les pays servis restent distincts des marchés visés

Solace Care prépare les Pays-Bas et le Royaume-Uni tout en distinguant les personnes déjà couvertes dans trois pays nordiques.

Le produit est proposé en suédois, en finnois et en norvégien, tandis que les plus de 25 000 personnes couvertes sont rattachées à la Suède, à la Finlande et à la Norvège. Ce sont les trois marchés pour lesquels Solace Care publie un volume de couverture, sans fournir de répartition nationale.

Les Pays-Bas et le Royaume-Uni appartiennent à une autre catégorie. La société prévoit d’y développer son activité et affirme avoir déjà nommé des conseillers commerciaux locaux, mais elle ne publie encore ni nombre de personnes couvertes, ni partenaire signé, ni calendrier précis de lancement pour ces deux pays. Leur mention décrit donc une stratégie d’ouverture, pas une traction comparable à celle annoncée dans les pays nordiques.

La communication de Solace Care évoque également des projets de développement au Danemark, mais celui-ci n’entre pas dans le décompte des 25 000 personnes couvertes. Les formulations publiques sur les territoires d’activité, les langues disponibles et les prochains marchés ne se recouvrent donc pas parfaitement ; elles ne doivent pas être interprétées comme une carte uniforme de déploiements déjà opérationnels.

À ce stade, l’événement confirmé est une levée de 2,1 millions d’euros adossée à une distribution de plus de 25 000 personnes par des partenaires. La prochaine mesure de la solidité du modèle viendra du nombre de partenaires effectivement mis en production, de l’activation des bénéficiaires et de l’ouverture vérifiable des marchés annoncés.

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