Broadcom tire 16,7 Md$ de l’IA, mais ses prévisions déçoivent

Broadcom a publié le 2 septembre 2026 un chiffre d’affaires record de 29,591 milliards de dollars pour son troisième trimestre fiscal, clos le 2 août. Sur ce total, les semi-conducteurs d’intelligence artificielle ont généré 16,7 milliards, soit une hausse annuelle de 221 %, selon les résultats officiels de Broadcom.
La société prévoit environ 34,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour le quatrième trimestre fiscal. Cette estimation est inférieure au consensus moyen de 35,1 milliards compilé par Bloomberg, et l’action a perdu près de 5 % dans les échanges suivant immédiatement la publication avant de réduire son recul, comme le rapporte le Seoul Economic Daily. La déception porte donc moins sur le trimestre achevé que sur l’écart entre les attentes du marché et la projection suivante.
L’IA fournit désormais plus de la moitié du chiffre d’affaires

Les 16,7 milliards de dollars correspondent aux revenus déjà comptabilisés dans les semi-conducteurs d’IA, notamment les accélérateurs personnalisés et les composants réseau associés. Ils représentent environ 56 % du chiffre d’affaires consolidé de 29,591 milliards. Ce poids explique pourquoi la trajectoire de l’IA domine désormais la lecture des résultats du groupe.
Il ne faut cependant pas confondre cette activité avec l’ensemble du segment des semi-conducteurs. Celui-ci a produit 20,839 milliards de dollars, soit 70 % des revenus de Broadcom, tandis que les logiciels d’infrastructure ont apporté 8,752 milliards. Environ 4,1 milliards de revenus du segment des puces provenaient donc d’activités que Broadcom ne classe pas dans ses semi-conducteurs d’IA.
La hausse annuelle de 221 % signifie que les revenus concernés ont plus que triplé par rapport au même trimestre de 2025. Elle ne décrit pas la croissance de tout le groupe : le chiffre d’affaires consolidé a progressé de 86 %, porté à la fois par l’IA, les autres semi-conducteurs et les logiciels. Cette différence de périmètre est essentielle pour ne pas appliquer le taux de croissance le plus spectaculaire à la totalité de Broadcom.
Pourquoi une prévision de 34,8 milliards déçoit

Les 29,591 milliards du troisième trimestre sont des ventes réalisées, alors que les 34,8 milliards annoncés pour le quatrième constituent une estimation de la direction. Broadcom précise elle-même que cette projection repose sur les tendances et conditions observées lors de sa publication et que le résultat réel peut s’en écarter sensiblement.
En valeur absolue, la prévision reste élevée : elle impliquerait une croissance annuelle de 93 %. Mais les investisseurs comparent le guide aux attentes déjà intégrées dans le cours. Bloomberg situait le consensus moyen à 35,1 milliards, tandis que LSEG l’évaluait à 35,03 milliards. Les deux estimations portent sur le même chiffre d’affaires trimestriel et diffèrent légèrement en raison de leurs panels et de leur précision, mais placent toutes deux la projection de Broadcom environ 230 à 300 millions de dollars plus bas, soit moins de 1 %.
Ce faible écart a suffi à peser sur le titre après une période de fortes anticipations autour de l’IA. Lors de la séance suivante, l’action Broadcom a clôturé en baisse de 2,7 % malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, selon le suivi de marché de Kiplinger. Le recul ne nie donc pas les revenus déjà enregistrés : il traduit une révision du prix que les investisseurs acceptent de payer pour la croissance future.
Commandes, capacité et chiffre d’affaires mesurent trois étapes différentes
La demande visible dépasse les revenus déjà livrés. Les commandes de puces d’IA reçues par Broadcom ont franchi 30 milliards de dollars pendant le dernier trimestre, et Hock Tan a indiqué que l’entreprise avait sécurisé un approvisionnement suffisant pour soutenir sa projection relevée pour l’exercice 2027, d’après les informations de Reuters publiées par Boursorama. Cette visibilité ne transforme toutefois pas les commandes en revenus immédiats.
Une commande représente un engagement commercial ou un besoin exprimé par un client. La capacité sécurisée indique que Broadcom estime pouvoir obtenir les composants et les moyens de production nécessaires. Le chiffre d’affaires n’est reconnu qu’au rythme de l’exécution et des livraisons : le calendrier, le volume effectivement expédié et les décisions d’investissement des grands clients restent donc déterminants.
Cette distinction permet de comprendre la coexistence d’une demande à long terme très forte et d’une prévision trimestrielle inférieure au consensus. Broadcom attend 21,7 milliards de dollars de revenus de semi-conducteurs d’IA au quatrième trimestre, contre 16,7 milliards réalisés au troisième. Si les deux projections de la société se concrétisent, l’IA représenterait environ 62 % des 34,8 milliards de revenus consolidés attendus. Pour l’instant, ces montants restent des objectifs et non des ventes acquises.
Le prochain trimestre devra convertir la demande en livraisons

Le bilan immédiat comporte deux réalités. Broadcom a déjà franchi un palier avec 16,7 milliards de dollars de revenus trimestriels issus des semi-conducteurs d’IA, mais le marché attendait un chiffre d’affaires total légèrement supérieur pour la période suivante. Le verbe « déçoivent » décrit ainsi la comparaison avec le consensus, pas une contraction annoncée de l’activité.
Les prochains résultats devront établir si Broadcom atteint environ 21,7 milliards de revenus d’IA et 34,8 milliards au niveau du groupe. Ils montreront aussi à quelle vitesse les commandes et la capacité réservée deviennent des produits livrés puis des revenus comptabilisés. D’ici là, les chiffres publiés confirment une croissance très rapide de l’IA, tandis que les projections demeurent exposées aux contraintes d’approvisionnement, au calendrier des déploiements et aux décisions des clients.
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