Firefly multiplie ses revenus par 7,6, mais vise encore 450 millions en 2026

Firefly Aerospace a publié le 11 août 2026 un chiffre d’affaires record de 117,7 millions de dollars pour le trimestre clos le 30 juin, contre 15,5 millions un an plus tôt. Le communiqué de résultats de Firefly affiche une hausse annuelle de 659 %, une progression séquentielle de 45,5 % et une prévision de 420 à 450 millions de dollars pour 2026.
La publication indépendante RuntimeWire a confirmé le 11 août les 117,7 millions de revenus, la croissance séquentielle et la fourchette annuelle. Après 198,6 millions comptabilisés au premier semestre, Firefly doit encore enregistrer entre 221,4 et 251,4 millions au second semestre pour atteindre ses objectifs.
Cinq trimestres ont fait passer les revenus de 15,5 à 117,7 millions

La croissance ne se limite pas à une comparaison favorable avec un trimestre isolé. La présentation financière du deuxième trimestre retrace une progression de 15,5 millions de dollars au deuxième trimestre 2025 à 30,8 millions au troisième, 57,7 millions au quatrième, 80,9 millions au premier trimestre 2026, puis 117,7 millions au deuxième.
Entre les deux extrémités de cette série, le chiffre d’affaires a été multiplié par environ 7,6, ce qui confirme le multiple retenu dans le titre. Sur le seul dernier trimestre, Firefly a ajouté environ 36,8 millions de dollars de revenus, soit 45,5 % de plus qu’au premier trimestre.
Les documents de l’entreprise présentent toutefois deux taux annuels légèrement différents. Le communiqué et la présentation indiquent 659 %, tandis que les valeurs précises de 117,683 millions et 15,549 millions figurant dans le rapport réglementaire produisent une hausse d’environ 657 %. Cet écart de deux points ne modifie pas le multiple de 7,6, mais le taux de 659 % ne découle pas simplement de l’arrondi des deux montants publiés.
Le plafond de 450 millions exige encore 251,4 millions

Firefly a réalisé 198,562 millions de dollars de chiffre d’affaires pendant les six premiers mois de 2026. Il lui manque donc 221,438 millions pour atteindre le bas de sa prévision, fixé à 420 millions, et 251,438 millions pour parvenir au plafond de 450 millions.
Entre 52,7 % et 55,9 % du chiffre d’affaires annuel visé reste ainsi à comptabiliser au cours des troisième et quatrième trimestres. La moyenne nécessaire est de 110,7 millions par trimestre pour atteindre 420 millions et de 125,7 millions pour toucher 450 millions.
Le rythme du deuxième trimestre place Firefly au milieu de cette fourchette. Deux trimestres supplémentaires à exactement 117,7 millions porteraient le total annuel à environ 434 millions. Le scénario bas demande une moyenne trimestrielle près de 6 % inférieure au dernier résultat, alors que le plafond exige une moyenne environ 7 % supérieure.
Cette comparaison mesure la distance arithmétique, pas la probabilité de réalisation. La répartition des prestations, le calendrier des programmes et les estimations de coûts déterminent quand les revenus sont reconnus; la prévision annuelle demeure donc une déclaration prospective, et non un montant déjà sécurisé.
SciTec et les solutions spatiales portent l’essentiel du bond

La hausse de 657 % calculée à partir des comptes détaillés n’est pas principalement attribuable aux lancements et ne correspond pas à une croissance entièrement organique. Le rapport trimestriel de Firefly ventile 9,4 millions de dollars de revenus de lancement et 108,3 millions pour Spacecraft Solutions, contre respectivement 6,3 millions et 9,2 millions un an auparavant.
Les revenus de lancement ont progressé de 48 %, surtout grâce à l’avancement de contrats de services d’ingénierie liés au développement d’installations de lancement. Ceux de Spacecraft Solutions ont augmenté de 1 077 %, sous l’effet de l’intégration de SciTec, acquise le 31 octobre 2025, et de l’avancement des missions Blue Ghost et Elytra.
SciTec élargit le périmètre consolidé aux logiciels, capteurs et traitements de données destinés notamment aux missions de défense. Firefly a également acquis Space-ng le 23 juin 2026 pour 16 millions de dollars, mais le rapport juge l’incidence de cette opération non significative sur les résultats consolidés du trimestre. Elle ne peut donc pas expliquer l’essentiel du bond observé.
Les contrats remportés constituent un indicateur de travail futur, mais pas du chiffre d’affaires immédiat. Firefly a notamment obtenu pendant ou autour de la période un contrat lunaire CLPS de 144 millions de dollars, un contrat MoonFall de 75 millions et un contrat de numérisation de radars de 94 millions. Leur valeur sera convertie en revenus à mesure que les obligations prévues seront exécutées selon les règles comptables applicables à chaque programme.
Le record de revenus s’accompagne encore d’une lourde perte
La croissance n’a pas encore produit de bénéfice net. La synthèse financière de StockTitan relève un bénéfice brut de 23,9 millions de dollars, mais une perte nette de 92,3 millions, contre 63,8 millions un an plus tôt; la perte d’exploitation atteint 95,2 millions.
Les dépenses trimestrielles de recherche et développement se sont élevées à 71,5 millions de dollars, notamment en raison de la montée en production d’Alpha Block II, de la rémunération en actions et de l’amortissement de nouveaux actifs. Au 30 juin, Firefly détenait 459,8 millions de dollars de trésorerie et 175,4 millions de placements à court terme, après une offre d’actions ayant généré 181,6 millions de produit net.
La capacité industrielle relie désormais les contrats remportés aux revenus futurs. Firefly a plus que quadruplé l’espace de salles blanches consacré aux engins spatiaux, ajouté des postes de fabrication pour Alpha et Eclipse et augmenté le débit de plusieurs lignes. Ces dépenses doivent soutenir l’exécution simultanée des programmes, mais interviennent avant la comptabilisation complète des revenus associés.
L’objectif de 420 à 450 millions reste donc accessible au regard du rythme du deuxième trimestre, sans être acquis. Les deux prochains comptes trimestriels devront établir si Firefly peut maintenir une moyenne comprise entre 110,7 et 125,7 millions, absorber ses acquisitions et transformer ses contrats en prestations reconnues tout en limitant ses pertes et sa consommation de trésorerie.
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