
Brevo ou Mailchimp : contacts stockés et envois inversent la facture

Pour une base nombreuse sollicitée rarement, Brevo est généralement le premier tarif à examiner : ses paliers payants sont définis par un volume mensuel d’emails, avec une limite de contacts stockés propre à chaque palier. Quand les campagnes deviennent fréquentes, le volume requis augmente même si la liste ne grandit pas. C’est ce qui réduit l’avantage tarifaire de Brevo dans les calculs ci-dessous.
Mailchimp part d’une autre combinaison : selon ses règles de tarification, le forfait choisi et la taille de l’audience fixent ensemble un prix de base et un nombre d’envois inclus. Une petite liste souvent sollicitée peut donc conserver le même abonnement jusqu’à son plafond d’envoi. Le choix dépend ensuite des automatisations et des rapports nécessaires, ainsi que du travail qu’impliquerait un changement de plateforme.
Deux modèles, mais des limites dans les deux cas
Chez Brevo, les premiers paliers Starter n’acceptent pas une grande liste simplement parce qu’elle reçoit peu de messages : le palier de 5 000 emails permet de stocker jusqu’à 500 contacts, celui de 10 000 jusqu’à 1 500 et celui de 15 000 jusqu’à 2 500. Le palier de 20 000 emails accueille une base beaucoup plus grande. Une liste de 10 000 contacts envoyée deux fois dans le mois a donc besoin de ce dernier palier, même si son volume d’envoi paraît modeste.
Chez Mailchimp, la taille facturée ne correspond pas seulement aux personnes auxquelles une campagne est adressée. Les contacts abonnés, non abonnés et désabonnés entrent dans le calcul de l’audience d’un forfait payant. Conserver des fiches qui ne reçoivent plus les campagnes peut ainsi faire atteindre un palier supérieur. Dépasser la limite de contacts ou celle des envois entraîne des frais supplémentaires : une fréquence élevée n’est pas gratuite sous prétexte que la base reste stable.
La grille officielle de Mailchimp fixe les envois mensuels d’Essentials à dix fois la tranche maximale de contacts choisie ; Standard les porte à douze fois cette tranche. Cela laisse de la place à plusieurs campagnes complètes, mais les emails automatiques consomment eux aussi la capacité disponible. Pour comparer les offres, il faut compter les destinataires de chaque campagne, les messages déclenchés et les pics d’activité dans un même mois.
Quatre bases et cadences, quatre calculs
Les montants qui suivent proviennent du relevé tarifaire de Klarpick du 3 septembre 2026, exprimé en euros par mois hors taxes : Brevo Starter y coûte 7 € pour 5 000 emails, 28 € pour 20 000 et 70 € pour 100 000 ; le forfait payant Mailchimp retenu dans ce relevé coûte 11,30 € pour 500 contacts et 95,59 € pour 10 000. Ce sont des prix relevés à une date donnée, susceptibles de varier avec les promotions, la devise et les conditions de souscription. Chaque exemple suppose que toute la liste reçoit chaque campagne et qu’aucun autre email n’est envoyé.
- 500 contacts, une campagne mensuelle. Le besoin est de 500 emails. Brevo Starter couvre la campagne pour 7 €, contre 11,30 € pour Mailchimp dans le relevé. L’offre gratuite de Brevo autorise 300 emails par jour : elle ne permet donc pas d’expédier cette campagne complète le même jour.
- 500 contacts, dix campagnes mensuelles. Le besoin passe à 5 000 emails. Le même palier Brevo coûte toujours 7 €. À 11,30 €, Mailchimp atteint le plafond mensuel d’Essentials pour cette tranche de contacts. Une relance ou un message automatique supplémentaire ferait dépasser ce plafond.
- 10 000 contacts, deux campagnes mensuelles. Il faut 20 000 emails. Le palier Brevo correspondant coûte 28 €, contre 95,59 € pour Mailchimp. L’écart mensuel est de 67,59 € dans cette hypothèse : la faible fréquence favorise nettement la facturation centrée sur les envois.
- 10 000 contacts, dix campagnes mensuelles. Il faut 100 000 emails. Brevo passe à 70 € ; Mailchimp reste à 95,59 € tant que cette tranche Essentials et ses envois inclus suffisent. L’écart tombe à 25,59 € par mois. Toute campagne supplémentaire destinée à la liste entière ferait dépasser les 100 000 envois inclus dans cet exemple.
Dans ces quatre cas, Brevo reste moins cher. La cadence réduit toutefois son avantage : à 10 000 contacts, huit campagnes supplémentaires font passer l’écart de 67,59 € à 25,59 €. Ces calculs ne donnent pas un seuil général à partir duquel Mailchimp deviendrait moins cher. Un tel seuil dépend des paliers disponibles, des dépassements facturés et du forfait nécessaire pour les fonctions utilisées.
L’automatisation peut imposer un autre forfait
Le prix Starter de Brevo convient à une campagne simple, mais son automatisation marketing reste limitée au nombre de contacts pouvant entrer dans les parcours. Standard ouvre l’automatisation à l’ensemble des contacts et ajoute notamment les tests A/B et des analyses avancées. Pour une base importante dont tous les inscrits doivent recevoir des séquences de bienvenue ou de relance, les prix Starter des scénarios ne représentent donc pas forcément le coût du programme prévu.
Mailchimp distingue également les forfaits par leurs parcours automatisés : Essentials limite les flux à quatre étapes, tandis que Standard offre des flux plus étendus. Une newsletter envoyée à date fixe et une succession de messages conditionnels ne demandent pas le même outillage. Le coût pertinent est celui du premier forfait qui accueille simultanément la base, les envois et la logique des parcours, pas simplement le tarif d’entrée affiché pour chaque service.
Rapports lisibles et outils de délivrabilité
Le comparatif d’EmailTooltester trouve les rapports de Mailchimp plus faciles à lire et donne à Brevo un léger avantage pour les fonctions d’accompagnement de la délivrabilité. Pour ce second jugement, il évalue notamment l’aide à l’authentification et à la montée en charge des envois, plutôt qu’un taux garanti d’arrivée en boîte de réception. Sa comparaison distingue ainsi la facilité d’analyse des campagnes des outils qui aident à préparer et surveiller leur expédition.
Cette différence compte selon le travail de l’équipe. Des rapports plus accessibles peuvent faire gagner du temps lorsqu’elle examine régulièrement les ouvertures, les clics et les désabonnements. Pour un expéditeur qui augmente progressivement son volume, l’assistance à la configuration et à la réputation d’envoi peut peser davantage. Dans les deux cas, les fonctions disponibles doivent être appréciées au niveau du forfait réellement choisi : l’avantage d’une plateforme ne se résume ni à son prix d’appel ni à une promesse de délivrabilité.
Le coût d’un choix qui devra peut-être changer
La comparaison mensuelle devient moins évidente lorsque l’audience, la cadence ou les parcours évoluent. Une base qui grossit peut faire changer de tranche chez Mailchimp ; davantage de campagnes peut imposer un palier supérieur chez Brevo. Les messages automatiques doivent être ajoutés aux campagnes dans cette projection, car une séquence active toute l’année peut consommer une part régulière du volume disponible.
Changer ensuite de service prend aussi du temps. Il faut transférer les contacts avec leur statut, retrouver les segments utilisés pour les campagnes, recréer les formulaires et les automatisations, puis contrôler les paramètres d’expédition. Ce travail augmente avec le nombre de parcours et d’intégrations. Pour un choix durable, comparez le coût annuel du forfait qui couvre votre usage probable avec cette charge de migration estimée : une petite économie mensuelle ne compense pas nécessairement la reconstruction d’un dispositif déjà développé.
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