Stripe renonce à PayPal : l’offre à 53 milliards ne suffisait plus

Stripe et Advent International ont abandonné le 28 août 2026 leur projet de rachat de PayPal, fondé sur une offre de 60,50 dollars par action valorisant la société à plus de 53 milliards de dollars. La confirmation d’Axios précise que l’opération aurait constitué la plus grande acquisition de l’histoire de la fintech et que PayPal avait clôturé la veille à 61,47 dollars, au-dessus du prix proposé.
La réaction boursière a été immédiate le même jour. Selon le relevé de Reuters, l’action PayPal perdait 13 % en avant-Bourse, à 53,20 dollars, après la révélation du retrait. Les trois entreprises n’ont pas publié de communiqué commun exposant les motifs détaillés de cette décision.
Une offre dépassée par le cours de PayPal

Le premier obstacle était devenu visible dans les cotations. À 60,50 dollars par action, la proposition du consortium était inférieure de 97 cents à la clôture de jeudi, soit environ 1,6 %. Un actionnaire n’avait donc plus de raison financière immédiate d’apporter ses titres à ce prix alors qu’il pouvait, en théorie, les vendre plus cher sur le marché.
Cette comparaison ne signifie pas que 61,47 dollars constituait la valeur définitive de PayPal. Le cours incorporait déjà une probabilité de transaction et l’espoir d’une offre améliorée. Mais elle montre pourquoi les 53 milliards de dollars ne suffisaient plus à emporter l’adhésion : le prix proposé avait cessé de représenter une prime par rapport au marché.
L’offre était par ailleurs jugée inadéquate par le conseil de PayPal, d’après les sources précédemment citées par Reuters. Relever le prix aurait donc été nécessaire non seulement pour dépasser le dernier cours, mais aussi pour proposer une véritable prime de contrôle, c’est-à-dire la somme supplémentaire généralement attendue lorsqu’un acheteur veut prendre le contrôle de toute une entreprise.
Ce que l’on sait — et ce qui reste une interprétation

Le désaccord de valorisation est documenté : le consortium avait proposé 60,50 dollars, PayPal considérait cette première approche comme insuffisante et les parties ne sont pas parvenues à une opération. Le franchissement du prix offert par l’action rendait en outre une surenchère plus difficile à éviter.
En revanche, les informations publiques ne permettent pas d’attribuer le retrait à un facteur unique. Aucun communiqué des entreprises ne détaille une rupture sur le financement, la réglementation ou l’intégration des activités. Ces difficultés sont plausibles pour une acquisition de cette taille, mais leur poids exact dans la décision n’est pas établi.
Le titre doit donc se lire dans un sens précis : les 53 milliards ne suffisaient plus pour obtenir PayPal aux conditions connues, et non comme la confirmation d’un seuil secret au-delà duquel Stripe ou Advent auraient refusé de négocier. Aucun prix final, aucune contre-offre formelle et aucun calendrier de reprise des discussions n’ont été rendus publics.
La chute révèle la prime spéculative intégrée au titre
Le décrochage de PayPal ne traduit pas une détérioration opérationnelle de 13 % survenue en quelques heures. Il mesure surtout la disparition brutale d’une partie de la valeur que le marché associait au scénario de rachat : paiement à 60,50 dollars, relèvement éventuel de l’offre ou arrivée d’un autre acquéreur.
Le point de marché de Forbes indique que l’action avait gagné près de 30 % depuis l’apparition du projet à la mi-juillet, avant de perdre jusqu’à 16 % le 28 août et de revenir autour de 53,74 dollars après l’ouverture. Ce mouvement aller-retour isole imparfaitement, mais clairement, la composante spéculative du rebond.
Une partie de la hausse pouvait aussi refléter les attentes entourant le redressement propre de PayPal. Il serait donc excessif de présenter toute la progression depuis juillet comme une pure prime de rachat. La rupture du 28 août montre néanmoins que cette prime était importante : dès que la transaction a cessé d’être le scénario central, le cours est revenu nettement sous les 60,50 dollars proposés.
PayPal doit de nouveau être valorisé comme une entreprise autonome

Sans offre active connue, la valeur de PayPal dépend à nouveau principalement de ses perspectives propres. L’entreprise affronte un ralentissement par rapport à l’essor des paiements numériques pendant la pandémie et une concurrence accrue d’Apple, Google et d’autres plateformes. Elle a répondu par des changements de direction, des réductions de coûts et un recentrage sur des activités à meilleure marge.
PayPal avait relevé en juillet ses prévisions de bénéfice pour 2026 et présenté de nouvelles mesures d’économies. Son directeur général Enrique Lores avait indiqué que le groupe examinerait toute option stratégique susceptible de créer davantage de valeur pour les actionnaires, sans commenter les spéculations de rachat. Ces éléments constituent désormais le principal dossier à évaluer, puisque le prix offert par Stripe et Advent n’est plus disponible.
Le retrait n’exclut pas définitivement une nouvelle approche, mais aucune offre concurrente ni reprise des négociations n’a été annoncée. Au 28 août 2026, le fait établi reste donc limité : le consortium ne poursuit plus l’acquisition aux conditions rapportées, PayPal demeure indépendant et la Bourse a retiré une part substantielle de la prime qu’elle attachait à la transaction.
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