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Finances

Certain Energy lève 10 M£ : sa batterie doit encore passer à l’échelle du MWh

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|5 min de lecture| 7
Certain Energy lève 10 M£ : sa batterie doit encore passer à l’échelle du MWh

Le 26 août 2026, RFC Power a bouclé une Série A de 10 millions de livres et pris le nom de Certain Energy. L’annonce de Ceres indique que la British Business Bank mène l’opération, avec la participation de Centrica, de Ceres et de Catalytic Capital for Climate and Health, un fonds de Temasek Trust.

Cette levée ne marque pas encore la mise en service d’une batterie commerciale de plusieurs mégawattheures. Elle doit notamment financer un futur système de classe MWh raccordé au réseau en Inde, ainsi que l’extension des moyens de recherche britanniques et la préparation d’une chaîne d’approvisionnement pour des projets reproductibles, trois objectifs également recensés par Solar Power Portal.

Les 10 M£ financent trois jalons industriels

Les trois jalons financés de Certain Energy : système MWh raccordé, moyens de recherche britanniques et composants reproductibles.

La Série A doit faire passer une technologie électrochimique existante au stade d’un système énergétique intégré et susceptible d’être reproduit. Les annonces ne ventilent toutefois pas les 10 M£ entre le démonstrateur indien, les installations britanniques et la chaîne d’approvisionnement. Il est donc impossible d’isoler la somme effectivement réservée au projet en Inde.

Les éléments connus se répartissent en quatre états d’avancement distincts :

  • Technologie existante : Certain Energy développe une batterie à flux fondée sur le manganèse, issue de recherches universitaires britanniques.
  • Performances revendiquées : l’entreprise avance un rendement aller-retour du système supérieur à 75 % et une durée de fonctionnement prévue de plus de vingt ans. Ces valeurs restent des objectifs ou affirmations du fabricant, et non les résultats publiés d’un essai indépendant à l’échelle MWh.
  • Jalon financé : un système de classe MWh doit être développé et raccordé au réseau en Inde. L’emploi du futur dans les publications disponibles confirme que cette installation reste à construire.
  • Étape ultérieure : le démonstrateur et la chaîne d’approvisionnement devront déboucher sur des projets reproductibles, puis sur une production en volume. Aucun client indien, site précis ou calendrier de mise en service n’a été communiqué.

Le financement couvre ainsi plusieurs risques à la fois : l’ingénierie du système complet, le changement d’échelle des travaux de recherche et l’organisation industrielle. Sa portée ne peut pas être réduite au seul achat de composants pour une batterie en Inde.

La chimie est développée, le système raccordé reste à valider

La technologie hydrogène-manganèse de Certain Energy passe d’un assemblage de laboratoire à un système stationnaire intégré.

Certain Energy décrit sa technologie comme un système à flux hydrogène-manganèse. Dans cette architecture, les réservoirs d’électrolyte sont séparés de l’empilement électrochimique : augmenter leur volume permet d’accroître la quantité d’énergie stockée et la durée de décharge sans augmenter la puissance dans les mêmes proportions.

La société ne part donc pas d’une recherche fondamentale entièrement nouvelle. Imperial College London situe sa création en 2017 à partir des travaux d’Anthony Kucernak et de Nigel Brandon, combinant des principes de batterie à flux avec des éléments de technologie de pile à combustible.

Cette antériorité ne prouve cependant pas le fonctionnement d’une installation de classe MWh au point de raccordement. À cette échelle, il faut intégrer les réservoirs, les pompes, l’empilement, la conversion électrique, les auxiliaires, le contrôle et les dispositifs de sécurité, puis mesurer leurs performances comme un ensemble.

Le site de Certain Energy revendique plus de 75 % de rendement aller-retour pour le système, plus de vingt ans de fonctionnement et un coût de stockage visé inférieur à 20 dollars par kWh. La société ne publie toutefois pas sur cette page de protocole d’essai indépendant permettant de rattacher ces chiffres au futur démonstrateur indien.

La levée réorganise aussi le capital autour de Ceres

L’opération transforme l’actionnariat autant qu’elle apporte des moyens industriels. RFC Power était devenue une filiale entièrement détenue par Ceres en septembre 2025, après l’acquisition du solde du capital et de la propriété intellectuelle pour un montant qualifié de nominal.

Dans sa déclaration diffusée par RNS, Ceres précise investir 1 million de livres en numéraire et recevoir 1,5 million de livres d’actions supplémentaires en échange de services d’ingénierie. Le groupe doit conserver environ 37 % de Certain Energy, bénéficier d’une part des revenus futurs sur les produits vendus et obtenir un siège au conseil pour son directeur financier Stuart Paynter ; la valorisation post-investissement annoncée est d’environ 12 millions de livres.

Le tour combine donc trésorerie, apport technique et nouvelle gouvernance. Les publications consultées ne détaillent ni les contributions individuelles de Centrica et de Catalytic Capital for Climate and Health, ni la répartition des dépenses futures entre les trois jalons industriels.

Le démonstrateur indien doit fournir la preuve à l’échelle MWh

Le démonstrateur MWh de Certain Energy en Inde doit encore valider ses performances au point de raccordement.

Le prochain seuil décisif sera la réalisation du système indien et la publication de données portant sur l’installation complète. Sa puissance nominale, sa capacité énergétique exacte, sa durée de décharge, sa disponibilité, ses pertes auxiliaires et son rendement au point de raccordement ne sont pas encore connus.

Ces mesures seront nécessaires pour comparer les performances réelles du démonstrateur aux valeurs revendiquées pour la technologie. Elles devront aussi montrer si l’architecture peut être exploitée et reproduite hors du laboratoire britannique, avec les contraintes locales de raccordement, de température, de maintenance et d’approvisionnement.

Le fait établi demeure donc la clôture de la Série A de 10 M£ et le changement de nom de RFC Power en Certain Energy. La chimie et des composants technologiques sont déjà développés, mais la preuve industrielle promise par le titre reste future : elle dépend de la construction, du raccordement et des résultats mesurés du système de classe MWh en Inde.

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