Ajaib reçoit 270 M$ : SBI prend 20 %, pas le contrôle

Le 28 août 2026, Ajaib, plateforme d’investissement basée à Jakarta, a annoncé un financement de 270 millions de dollars apporté par SBI Holdings. Présentée comme une série C, l’opération porte à plus de 500 millions de dollars les fonds levés depuis 2019, sans valorisation actuelle chiffrée, selon les informations d’Ajaib relayées par Forbes.
Le même jour, SBI Holdings a indiqué avoir réalisé l’investissement par l’intermédiaire d’une filiale et acquis environ 20 % d’Ajaib. Le communiqué officiel du groupe japonais classe désormais la société indonésienne parmi ses entreprises associées comptabilisées selon la méthode de mise en équivalence, et non parmi ses filiales contrôlées.
Le montant et la participation reposent sur deux confirmations distinctes

Les données publiques établissent trois éléments centraux, mais elles ne proviennent pas toutes du même document. Le recoupement publié par The Block attribue le montant de 270 millions de dollars à Ajaib, tandis que la participation d’environ 20 % et le traitement en entreprise associée viennent de SBI.
Cette séparation est importante : le communiqué de SBI ne chiffre pas l’investissement. Les informations disponibles relient bien les deux annonces à la même opération, mais elles ne prouvent pas que la totalité des 270 millions de dollars constitue le prix de titres nouvellement émis représentant exactement 20 % du capital après la transaction.
Les documents publics ne détaillent ni la catégorie des titres acquis ni leurs droits de vote. Ils ne précisent pas non plus la répartition éventuelle entre émission de titres nouveaux et achat de titres existants, l’existence de préférences économiques, un siège au conseil d’administration ou des droits de veto.
Un mini-cap table possible, sous des hypothèses explicites

Une représentation simplifiée permet d’illustrer la participation minoritaire sans prétendre reproduire la structure juridique officielle d’Ajaib. Elle suppose que SBI souscrit uniquement des titres nouveaux, que le pourcentage communiqué est calculé après l’opération et qu’aucune option, conversion ou émission parallèle ne modifie le capital.
- Avant l’opération : les actionnaires préexistants détiennent ensemble 100 % du capital.
- Après l’opération : SBI détient environ 20 % et les actionnaires préexistants conservent ensemble environ 80 %.
- Dilution théorique : dans ce seul scénario, la participation de chaque ancien actionnaire est multipliée par 0,8. Une part antérieure de 10 % devient ainsi 8 %.
Ce tableau ne décrit plus correctement les flux si une partie des titres a été achetée à des actionnaires existants. Une telle composante secondaire rémunérerait les vendeurs et ne constituerait pas un apport de trésorerie à Ajaib. Des actions préférentielles, des instruments convertibles ou un calcul sur une base entièrement diluée pourraient également produire un résultat différent de la répartition élémentaire 20/80.
La formule « environ 20 % » interdit en outre de traiter le pourcentage comme une égalité exacte. La part économique, la fraction du capital et les droits de vote peuvent diverger selon les titres et les accords conclus.
Pourquoi 20 % ne signifient pas automatiquement le contrôle

Une participation mesure une fraction du capital ; le contrôle dépend du pouvoir de diriger les activités déterminantes de l’entreprise. Un actionnaire minoritaire peut participer à la gouvernance, accéder à des informations ou protéger son investissement par des droits contractuels sans pouvoir décider seul de la stratégie ou nommer la direction.
Le statut d’entreprise associée correspond à cette distinction. La présentation d’IAS 28 par l’IFRS Foundation définit l’influence notable comme le pouvoir de participer aux décisions financières et opérationnelles sans les contrôler, avec une présomption générale à partir de 20 % des droits de vote.
Dans la méthode de mise en équivalence, la participation est initialement inscrite à son coût, puis sa valeur comptable évolue notamment avec la quote-part de l’investisseur dans les résultats de l’entreprise associée. Ce traitement diffère d’une consolidation ligne par ligne des actifs, revenus et dettes d’une filiale.
Une participation minoritaire peut exceptionnellement conférer le contrôle lorsque des accords ou des droits particuliers donnent un pouvoir décisif. Aucun élément public relatif à cette opération n’établit une telle configuration. Le classement d’Ajaib comme entreprise associée indique au contraire que SBI devient un actionnaire influent sans prise de contrôle documentée.
Les 1,35 Md$ sont un calcul implicite, pas une valorisation officielle
Diviser 270 millions de dollars par 20 % donne mécaniquement 1,35 milliard de dollars. Ce résultat ne constitue une valorisation post-money implicite que si les 270 millions correspondent intégralement au prix payé pour exactement 20 % du capital après l’opération, sur une base homogène et sans composante secondaire, conditionnelle ou convertible.
Ces conditions ne sont pas documentées publiquement. En leur absence, 1,35 milliard de dollars reste un scénario arithmétique, et non une valorisation officielle de la transaction. La différence entre prix payé, argent reçu par l’entreprise et dilution rejoint celle entre valorisation pré-money et post-money.
Dans le même scénario simplifié, la valorisation pré-money atteindrait 1,08 milliard de dollars : 1,35 milliard après l’investissement, diminué des 270 millions apportés. Cette seconde valeur dépend des mêmes hypothèses et ne représente donc pas davantage un chiffre contractuel.
À ce stade, le périmètre public de l’opération reste limité mais clair : un financement de 270 millions de dollars, une participation d’environ 20 % et le classement d’Ajaib comme entreprise associée mise en équivalence. La structure exacte des titres, les droits de gouvernance, une éventuelle composante secondaire et la valorisation inscrite dans les documents de transaction ne sont pas connus publiquement.
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