Congé de proche aidant : 66,64 € par jour, mais seulement 66 jours

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|6 min de lecture| 1
Congé de proche aidant : 66,64 € par jour, mais seulement 66 jours

En 2026, l’AJPA de 66,64 € par journée, limitée à 66 jours par personne aidée, peut compenser une partie du salaire perdu pendant le congé de proche aidant. En l’absence de dispositions conventionnelles, ce congé dure au maximum trois mois par période et peut être renouvelé dans la limite d’un an sur la carrière. Le montant de l’AJPA est différent à Mayotte.

Pour interrompre ou réduire son activité, un salarié du secteur privé demande d’abord le congé à son employeur, puis dépose une demande distincte d’allocation auprès de la Caf ou de la MSA s’il relève du régime agricole. L’employeur ne peut pas refuser le congé lorsque les conditions sont remplies ; son accord reste nécessaire pour fractionner l’absence ou passer temporairement à temps partiel.

Deux calendriers à prévoir pour un même proche

Le congé autorise l’absence, tandis que l’AJPA en compense une partie sur une durée plus courte. Le congé n’est pas rémunéré par l’employeur, sauf disposition conventionnelle prévoyant le contraire. Pour estimer ses ressources, le salarié doit donc considérer séparément la fin de son droit à l’allocation et la date de fin du congé demandé.

À titre d’exemple, si un salarié prend 22 journées d’absence indemnisées chaque mois pour la même personne, il épuise ses 66 journées d’AJPA après trois mois. Il peut encore renouveler son congé dans la limite applicable, mais les absences supplémentaires pour ce proche ne sont plus couvertes par l’AJPA. Une absence répartie en journées ou en demi-journées permet d’étaler l’aide dans le temps sans augmenter le plafond indemnisable.

Depuis 2025, le plafond de quatre proches et de 264 journées d’AJPA sur la carrière permet d’ouvrir des droits pour plusieurs personnes aidées. Chaque proche dispose toutefois de son propre plafond de 66 journées : les jours inutilisés pour une personne ne deviennent pas une réserve à transférer à une autre.

Vérifier le lien avec la personne aidée

Le congé peut concerner la personne avec laquelle le salarié vit en couple, un ascendant, un descendant ou d’autres membres de la famille prévus par les règles du dispositif. Il est aussi possible d’aider une personne âgée ou handicapée sans lien familial, à condition de vivre avec elle ou d’entretenir avec elle des liens étroits et stables. L’aide doit alors être régulière, fréquente et apportée à titre non professionnel pour des actes de la vie quotidienne.

La personne accompagnée doit résider en France de façon stable et régulière. Sa situation doit être établie par une décision correspondant à son dossier : attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), reconnaissance du taux d’incapacité requis ou attribution d’une prestation liée au recours à une tierce personne. La copie de cette décision fait partie des pièces à joindre à la demande de congé.

Prévenir l’employeur et réunir les justificatifs

La convention collective ou l’accord applicable peut fixer les modalités de la demande. À défaut, les règles de demande du congé imposent de prévenir l’employeur au moins un mois avant le départ, par un moyen permettant de prouver la date de l’envoi, comme une lettre ou un courrier électronique recommandé. La demande comporte la date de début souhaitée et, si le salarié le souhaite, son projet de fractionner le congé ou de travailler temporairement à temps partiel.

Le dossier adressé à l’employeur comprend les pièces adaptées à la situation :

  • une déclaration sur l’honneur établissant le lien familial ou l’aide apportée à une personne avec laquelle le salarié vit ou entretient des liens étroits et stables ;
  • une déclaration sur l’honneur mentionnant l’éventuel congé de proche aidant déjà pris au cours de la carrière et sa durée ;
  • la copie de la décision établissant l’APA, le taux d’incapacité requis ou la prestation liée à l’assistance d’une tierce personne, selon le cas.

Cette démarche organise l’absence dans l’entreprise ; elle ne déclenche pas le paiement de l’AJPA. Garder une copie datée de la demande et des justificatifs facilite le suivi des deux dossiers, notamment si la caisse demande ensuite une pièce complémentaire.

Fractionner, renouveler ou partir sans délai

Avec l’accord de l’employeur, le congé peut être fractionné ou transformé en période de travail à temps partiel. En cas de fractionnement, chaque période d’absence dure au moins une demi-journée et le salarié avertit l’employeur au moins 48 heures avant son début. Cette organisation convient lorsque l’aide est nécessaire à intervalles réguliers plutôt qu’en continu.

Le renouvellement suit d’abord les règles de l’accord applicable. Sans disposition conventionnelle, la demande doit parvenir à l’employeur au moins 15 jours avant la fin du congé prévu, par un moyen permettant d’en justifier la date. Renouveler le congé prolonge le droit à l’absence ; le versement de l’AJPA dépend toujours du nombre de journées déjà utilisées pour la personne aidée.

Le congé peut commencer sans attendre le délai ordinaire si l’état de santé du proche se dégrade soudainement, si une crise exige une intervention urgente du salarié ou si son hébergement en établissement cesse brutalement. La dégradation de l’état de santé est attestée par un certificat médical ; la cessation de l’hébergement l’est par le responsable de l’établissement. Ces situations permettent aussi de prendre sans délai une période de congé fractionné.

Demander l’AJPA à la Caf ou à la MSA

Après la demande de congé à l’employeur, le salarié sollicite l’AJPA auprès de la Caf ou, pour le régime agricole, de la MSA. Une personne déjà allocataire de la Caf peut effectuer la démarche en ligne depuis son espace Mon Compte. Les personnes qui ne sont pas allocataires de la Caf et celles qui relèvent de la MSA utilisent le formulaire correspondant, puis adressent à leur caisse le dossier complété avec les justificatifs demandés.

Une fois le droit ouvert, la caisse envoie une attestation mensuelle. Pour un salarié en congé de proche aidant, l’employeur la complète afin d’établir les journées ou demi-journées d’absence ; le bénéficiaire la retourne ensuite datée et signée. Le paiement de l’allocation est mensuel et dépend des absences déclarées, dans la limite des droits encore disponibles.

L’AJPA ne peut pas être perçue si l’aidant est employé par la personne aidée dans le cadre de l’APA ou de l’aide humaine de la prestation de compensation du handicap. Elle ne se cumule pas non plus avec certaines autres prestations, notamment les indemnités de congé maladie et l’allocation journalière de présence parentale. Ces règles peuvent réduire le montant effectivement disponible pendant le congé, même avant l’épuisement du plafond de journées.

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