Blackbird lève 1,05 MdA$ : deux fonds séparent amorçage et croissance

Blackbird a annoncé le 25 août 2026 la clôture de sa sixième levée, soit 1,05 milliard de dollars australiens au total. La ventilation publiée pour Fund VI attribue 465 millions A$ au véhicule d’amorçage et 581 millions A$ au véhicule de croissance.
La clôture annoncée le 25 août porte donc sur deux fonds totalisant précisément 1,046 milliard A$, arrondi à 1,05 milliard A$. Elle réunit des souscripteurs australiens historiques et de nouvelles institutions internationales afin de financer des fondateurs australiens et néo-zélandais, depuis leurs premiers tours jusqu’aux levées de croissance.
465 millions pour démarrer, 581 millions pour suivre

Le fonds d’amorçage représente environ 44 % des capitaux levés, contre 56 % pour le fonds de croissance. Cette répartition corrige deux raccourcis fréquents : le milliard n’est pas libellé en dollars américains et il ne correspond pas à un véhicule unique.
Les 465 millions A$ sont destinés aux premiers investissements, y compris avant qu’une entreprise dispose d’un produit ou de revenus. Les 581 millions A$ doivent servir aux tours ultérieurs des sociétés que Blackbird souhaite continuer à accompagner. Le second véhicule est donc plus important de 116 millions A$, mais les deux poches restent proches en taille.
La différence entre les mandats compte davantage que cet écart. Une réserve exclusivement consacrée à l’amorçage protège les petits engagements initiaux, tandis que le fonds de croissance peut absorber des suivis beaucoup plus lourds sans réduire mécaniquement le capital disponible pour de nouveaux dossiers.
Pourquoi les petits chèques ne sont plus mis en concurrence

Dans son annonce du 25 août, Blackbird explique que son plus petit chèque de l’exercice écoulé était de 149 000 A$, contre 60 millions A$ pour le plus important, et que ces deux échelles ne se disputent désormais plus le même dollar. La société précise également que 96 % des premiers investissements de son précédent fonds d’amorçage ont été réalisés au stade du pré-amorçage ou de l’amorçage.
Cette architecture ne signifie pas que 149 000 A$ deviendra un ticket minimal, ni que 60 millions A$ constituera une limite pour les suivis. Ces montants décrivent l’activité passée de Blackbird et illustrent l’amplitude que les deux véhicules doivent couvrir ; ils ne fixent ni quota ni allocation future.
Le dispositif permet aussi de poursuivre une participation sur plusieurs tours. Le capital de croissance peut être réservé aux entreprises déjà connues du gestionnaire, alors que les équipes chargées de l’amorçage continuent d’examiner de nouveaux fondateurs. La séparation réduit ainsi l’arbitrage interne entre créer une nouvelle position modeste et renforcer fortement une société du portefeuille.
Un record soutenu par de nouveaux investisseurs mondiaux

La collecte dépasse le millésime 2022 de Blackbird, donné à 1,035 milliard A$, et établit un nouveau record australien. Forbes Australia confirme la participation de Morgan Stanley Investment Management, Schroders et Adams Street Partners, aux côtés du Future Fund et des fonds de retraite HESTA, Aware Super et Hostplus.
L’arrivée de ces institutions internationales ne modifie pas le périmètre revendiqué : Blackbird vise les entreprises fondées par des Australiens et des Néo-Zélandais, qu’elles soient établies dans la région ou sur un autre marché. Elle élargit en revanche la base de capitaux capable de soutenir ces sociétés lors de tours mondiaux plus importants.
La composition sectorielle pourrait évoluer. Samantha Wong, associée générale de Blackbird, estime que les applications d’intelligence artificielle conçues pour une profession donnée forment désormais un segment encombré. L’IA reste un thème d’investissement, mais le gestionnaire prévoit de regarder davantage les infrastructures, les semi-conducteurs et d’autres technologies profondes issues de la recherche scientifique.
Des performances communiquées, mais pas auditées dans les publications
Blackbird évalue son portefeuille à plus de 12 milliards A$ et affirme avoir rendu plus de 2,25 milliards A$ en numéraire à ses souscripteurs pour un peu plus de 3 milliards A$ investis. Le gestionnaire revendique aussi un rendement interne net de 32 % sur quatorze ans, neuf fonds situés dans le premier quartile mondial de leur millésime et six dans les 5 % les mieux classés.
Ces données proviennent de Blackbird. Les articles économiques consultés les reprennent ou en donnent une conversion en dollars américains, mais ne fournissent pas l’audit, la base de comparaison ni le détail des flux nécessaires pour les recalculer indépendamment. Elles renseignent donc la performance revendiquée par le gestionnaire, sans constituer une validation extérieure complète.
La clôture et la ventilation des deux véhicules sont établies : 465 millions A$ pour l’amorçage et 581 millions A$ pour la croissance. Restent à observer le rythme de déploiement, la taille effective des prochains premiers chèques et la part réellement dirigée vers les technologies profondes ; ces données permettront de juger si la séparation maintient durablement l’accès aux très jeunes entreprises tout en finançant les suivis majeurs.
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