
Tesla FSD autorisé en Slovénie : le conducteur reste entièrement responsable

Le 8 septembre 2026, la Slovénie a annoncé avoir reconnu l’homologation temporaire du FSD (Supervised) de Tesla délivrée par l’autorité néerlandaise RDW. Décidée la veille, cette reconnaissance autorise l’usage du système sur le territoire slovène, mais uniquement dans les limites fixées par cette homologation.
Cette décision ne transforme pas la Tesla en voiture autonome et ne vaut pas automatiquement dans toute l’Union européenne. Le conducteur doit surveiller en permanence la circulation et le fonctionnement du système, rester prêt à reprendre les commandes et demeure entièrement responsable de la sécurité de la conduite.
Une autorisation temporaire limitée à la Slovénie

La Slovénie n’a pas délivré une nouvelle homologation complète. Son agence de sécurité routière, l’AVP, a reconnu l’autorisation temporaire accordée le 10 avril 2026 par la RDW, l’organisme d’homologation des Pays-Bas. Le communiqué du gouvernement slovène précise que cette reconnaissance repose sur l’article 39 du règlement européen 2018/858 et permet l’utilisation du système en Slovénie sous les conditions de l’autorisation temporaire.
Ce mécanisme concerne une technologie ou un concept nouveau qui n’est pas encore entièrement couvert par les exigences techniques de l’Union. Un État membre peut reconnaître sur son territoire l’autorisation provisoire délivrée par un autre État, sans que cette décision nationale produise d’elle-même un droit d’utilisation dans les vingt-sept pays.
Le caractère « européen » de l’homologation désigne donc le cadre juridique utilisé, non une autorisation générale déjà applicable dans toute l’Union. La reconnaissance slovène reste liée à la procédure d’approbation menée au niveau européen et conserve, jusque-là, une portée territoriale et temporaire.
La RDW demeure chargée du suivi de l’homologation et de l’examen des constatations susceptibles d’affecter la conformité du système. La reconnaissance ne modifie pas les compétences des autorités slovènes pour le contrôle routier, les enquêtes sur les accidents et les autres missions prévues par leur droit national.
FSD Supervised reste une assistance, pas une conduite autonome

Le développement commercial de l’acronyme FSD, « Full Self-Driving », peut suggérer une autonomie plus large que le statut réglementaire réel. La fonction autorisée porte toutefois le qualificatif déterminant Supervised : elle assiste la conduite sans remplacer juridiquement ni opérationnellement la personne installée au volant.
Selon les précisions de l’AVP, le dispositif peut prendre en charge la direction, l’accélération, le freinage, le changement de voie et le suivi d’un itinéraire, mais il reste un système avancé d’aide à la conduite. Le conducteur doit suivre continuellement la circulation et le fonctionnement de la fonction, puis reprendre immédiatement le contrôle si la situation l’exige.
Les obligations ordinaires de conduite restent intégralement applicables : permis valide, attention soutenue, respect du code de la route et interdiction de conduire sous l’influence de l’alcool ou de drogues. En cas de fatigue, l’AVP demande également au conducteur de s’arrêter pour se reposer. L’assistance électronique ne permet donc ni de détourner durablement son attention ni de considérer le trajet comme une course effectuée par un robotaxi.
La responsabilité mentionnée par les autorités porte clairement sur la conduite sûre du véhicule. Même lorsque le logiciel réalise plusieurs manœuvres, le conducteur conserve le rôle de surveillance, la capacité d’intervention et la responsabilité qui en découle.
Six États membres ont reconnu le système
La Slovénie est le sixième État membre à accepter le FSD supervisé dans ce cadre temporaire. La carte réglementaire comprend désormais les Pays-Bas, la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique et la Slovénie. Les Pays-Bas occupent une place distincte : la RDW y a délivré l’autorisation initiale, que les cinq autres pays ont ensuite reconnue séparément.
Cette liste ne crée pas une zone continue où la fonction serait utilisable sans autre vérification. La présence du même véhicule et du même logiciel ne suffit pas à rendre le FSD supervisé autorisé dans un pays qui n’a pas reconnu l’homologation néerlandaise. Pour un trajet transfrontalier, le statut dépend donc encore de chaque territoire traversé.
La Slovénie élargit ainsi la disponibilité géographique du système, mais ne déclenche aucun déploiement automatique dans le reste de l’Union. Les expressions « homologation temporaire dans un cadre européen » et « autorisation dans toute l’Union européenne » décrivent deux situations différentes.
Une décision européenne reste attendue

La prochaine étape susceptible d’unifier ce régime doit intervenir au niveau de l’Union. Le calendrier rapporté par Numerama indique qu’un vote du comité technique pour les véhicules à moteur est attendu le 6 octobre 2026. Une majorité qualifiée d’au moins quinze États membres représentant 65 % de la population de l’Union serait nécessaire.
Ce vote pourrait étendre l’autorisation au-delà des six marchés actuels, mais son résultat n’est pas acquis. Les reconnaissances nationales déjà accordées ne préjugent ni de la position des autres gouvernements ni de l’issue de la procédure européenne.
À ce stade, le constat reste donc circonscrit : le FSD supervisé est autorisé en Slovénie dans les conditions de l’homologation temporaire reconnue par l’AVP. Il demeure une aide à la conduite sous surveillance constante, tandis qu’une éventuelle autorisation à l’échelle de l’Union dépend encore de la décision européenne attendue.
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