Malt ou Freelance.com : la commission cache deux marchés différents

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|7 min de lecture| 3
Malt ou Freelance.com : la commission cache deux marchés différents

Malt convient si vous voulez être découvert grâce à un profil visible et échanger directement avec des clients sur des projets variés. Freelance.com devient plus pertinent si vos références correspondent à des besoins de grands comptes et si vous recherchez une mission longue. Le comparatif de lefreelance.fr distingue ces circuits et estime que les validations d’un grand compte prennent souvent plusieurs semaines après la mise en relation.

Comparer uniquement les commissions ferait manquer le coût du temps passé à chercher une mission et celui des jours sans facturation. Le parcours dépend du client que vous pouvez atteindre : recherche directe d’un profil, présentation de réalisations ou qualification pour un besoin déjà défini. Aucun de ces parcours ne garantit une première sollicitation à une date donnée.

Comment les clients arrivent jusqu’à vous

Sur Malt, le profil sert de vitrine commerciale : compétences, réalisations, tarif et disponibilité doivent permettre à un client de cerner rapidement votre offre. La présentation de Malt pour les freelances décrit la création du profil, la réception de propositions et la discussion directe avec les clients. Ce circuit favorise une prestation dont le résultat et le périmètre peuvent se comprendre sans longue phase de qualification.

La visibilité demande néanmoins un travail commercial. Un client doit trouver le profil, le juger adapté, prendre contact puis accepter un devis. Pour un graphiste ou un rédacteur qui propose une prestation délimitée, des réalisations précises peuvent faciliter cette décision ; elles ne permettent pas de prévoir le volume de demandes. Malt accueille aussi des projets plus étendus et des clients de toutes tailles : la durée d’une mission ne se déduit pas du nom de la plateforme.

Freelance.com permet également de montrer ses réalisations et de créer des offres packagées. Selon la présentation de Freelance.com, son équipe peut optimiser et vérifier les profils ; la plateforme indique que 65 % de ses clients sont des grands groupes, que 70 % des projets confiés à ses freelances sont de longue durée et que ses missions durent six mois en moyenne. Ces chiffres décrivent son activité, pas la probabilité pour un inscrit de décrocher une mission ni la durée de son futur contrat.

Pour un consultant qui vise un grand donneur d’ordre, être qualifié pour un besoin précis peut compter davantage que le nombre de visites de son profil. Les références, la spécialité et la disponibilité deviennent alors déterminantes dans la présentation au client. Le revers est un calendrier d’achat qui peut inclure plusieurs validations avant le premier jour travaillé.

Ce que la commission change réellement

La documentation de Malt sur sa place de marché indique une commission de 10 % hors taxes, ramenée à 5 % après six mois de relation commerciale avec le même client ; elle précise aussi que les profils y sont publics et que les clients peuvent contacter directement les freelances. Le taux dépend donc de la relation avec un client, et pas seulement du nombre de jours prévus au devis.

Freelance.com facture sa commission au client : au tarif accepté pour le freelance, aucune commission de la plateforme n’est retranchée dans les exemples qui suivent. Cela ne rend pas l’intermédiation sans effet sur la négociation. L’acheteur examine un coût global et peut refuser un tarif freelance si ce coût dépasse son budget. Sans devis pour une mission précise, comparer le même tarif journalier sur les deux plateformes éclaire la somme conservée par le prestataire, mais ne prouve pas que le client paierait le même total.

Les montants ci-dessous sont des scénarios conditionnels en euros hors taxes. « Après commission » signifie avant cotisations, impôts, autres frais et, le cas échéant, frais liés au statut choisi. Tous les jours supposés sont commandés et facturés ; les exemples ne constituent ni des tarifs de marché ni des prévisions de revenus.

Trois profils, trois effets sur le revenu et la prospection

Graphiste : une prestation courte et visible

Supposons huit jours à 350 € hors taxes par jour, soit 2 800 € facturés. Avec le taux Malt de 10 % applicable à une nouvelle relation, 2 520 € resteraient après commission. Si le même tarif freelance était accepté via Freelance.com, le montant dû au prestataire serait de 2 800 €. L’écart de 280 € ne mesure pas la facilité à trouver le client ni le budget total que celui-ci accepterait.

Pour cette prestation, le temps de prospection dépend surtout de la découverte du profil et de la décision sur les réalisations proposées. Malt donne une voie directe vers cette discussion ; Freelance.com permet aussi de présenter une offre packagée. Aucune durée probable jusqu’au premier contact ne peut être déduite de ces seuls mécanismes. Si le client visé achète habituellement de petites prestations autonomes, la pertinence des demandes reçues pèsera davantage qu’une différence théorique de commission sur une mission encore inexistante.

Consultante : un projet défini, mais un calendrier à négocier

Supposons trente jours à 550 € hors taxes, soit 16 500 € facturés. Une commission Malt de 10 % laisserait 14 850 € avant les autres charges. À tarif freelance identique et accepté chez Freelance.com, 16 500 € resteraient dus à la consultante. Les 1 650 € d’écart apparent peuvent être absorbés dans la négociation si l’acheteur raisonne en budget global plutôt qu’en tarif versé au prestataire.

Une offre de conseil clairement délimitée peut être discutée directement après un contact sur Malt. Si le projet vient d’un grand compte, la qualification du besoin et les validations d’achat peuvent retarder le démarrage, même lorsque le profil convient. Pour cette consultante, le délai à prévoir ne se limite donc pas à recevoir une proposition : il va jusqu’au premier jour facturable. Une piste plus longue à conclure peut rester intéressante si son périmètre et le nombre de jours convenus compensent l’attente.

Expert visant une mission suivie en grand compte

Supposons 140 jours à 700 € hors taxes, répartis sur sept mois à raison de vingt jours par mois avec le même client. Le total facturé serait de 98 000 €. Sur Malt, les 120 premiers jours à 10 % laisseraient 75 600 €, puis les vingt jours du septième mois à 5 % laisseraient 13 300 €, soit 88 900 € après commission. Au même tarif freelance accepté via Freelance.com, 98 000 € seraient dus au prestataire avant les autres charges.

Une mission longue réduit la fréquence à laquelle il faut chercher le contrat suivant, mais elle ne raccourcit pas nécessairement l’accès au premier. Pour un spécialiste dont l’expérience correspond à une demande de grand compte, prendre le temps d’être qualifié peut se justifier par la durée envisagée. Le scénario suppose toutefois une relation continue et tous les jours facturés : une interruption, un démarrage différé ou un volume de jours réduit changerait davantage le revenu que le seul taux affiché.

Quel canal correspond au client recherché ?

Si votre prestation se vend à plusieurs types d’entreprises et se démontre facilement par des réalisations, un profil public peut ouvrir des conversations commerciales directes. Si votre secteur passe surtout par des achats structurés, des références vérifiables et une qualification humaine peuvent donner accès à des besoins plus ciblés. La distinction reste une question de parcours dominant : Malt travaille aussi avec de grandes entreprises, tandis que Freelance.com laisse également ses freelances présenter un profil et des offres.

Le choix se juge finalement sur trois montants et un délai : le tarif que le client accepte, la somme conservée après commission, les jours effectivement facturés et le temps jusqu’au démarrage. Un pourcentage favorable perd son intérêt si les missions pertinentes n’arrivent pas ; une commission plus élevée peut rester acceptable lorsqu’un canal apporte rapidement un client adapté. Pour un freelance déjà présent sur les deux plateformes, les demandes réellement reçues fournissent une base plus solide que leurs taux pris isolément.

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