
Ghost ou Substack : 10 % de commission peut coûter plus qu’un forfait

Pour une newsletter payante, la tarification de Substack prévoit une commission de 10 % sur les paiements d’abonnement, tandis que la publication destinée aux lecteurs gratuits reste sans frais de plateforme, quelle que soit la taille de la liste. De son côté, la grille Ghost(Pro) affiche l’offre Publisher, qui accepte les abonnements payants, à partir de 29 $ par mois pour 1 000 membres avec facturation annuelle, sans commission supplémentaire prélevée par Ghost sur les paiements.
Le forfait Ghost peut donc coûter moins cher lorsque la commission sur les recettes payantes dépasse le prix du palier correspondant à tous les membres, gratuits compris. Une liste qui grandit sans gagner beaucoup d’abonnés payants peut produire l’effet inverse : son forfait augmente alors que la commission reste faible. Le choix dépend simultanément de la taille de l’audience, de sa conversion payante et du prix des abonnements.
Le seuil se calcule à partir des recettes payantes
Sur une même période, multipliez le nombre de membres par la part qui possède un abonnement payant, puis par la recette moyenne apportée par chaque abonnement. Prenez ensuite 10 % du résultat : cette somme représente la commission de plateforme à comparer au forfait Ghost adapté à la taille de la liste. Si le forfait est inférieur, Ghost coûte moins cher sur ce seul poste ; à égalité, les frais de plateforme ne départagent pas les deux services.
Dans un exemple purement hypothétique, une liste de 1 000 membres dont 5 % paient 8 € par mois compte 50 abonnés payants. Ses recettes mensuelles atteignent 400 € et leur dixième, 40 €. Un forfait Ghost inférieur à 40 € franchirait le seuil ; ce montant est un résultat de calcul, pas un prix annoncé pour cette liste. La comparaison doit utiliser le forfait effectivement proposé, car le nombre de membres détermine le palier applicable.
Si les lecteurs paient à l’année, comparez des périodes identiques. Vous pouvez répartir les recettes annuelles sur douze mois et les rapprocher du coût mensuel réel, ou comparer directement les deux totaux annuels. Une mensualité affichée dans le cadre d’un engagement annuel ne représente pas nécessairement le prix d’une facturation mois par mois. Les recettes encaissées, après réductions éventuelles, donnent aussi une base plus juste qu’un prix catalogue multiplié par un nombre d’abonnés espéré.
Neuf seuils pour trois tailles de liste
Le calculateur suivant utilise partout une hypothèse de 8 € de recettes par abonné payant et par mois. Les taux de conversion sont des scénarios, pas des taux observés ni des prévisions. Chaque somme est le forfait mensuel maximal qui égalerait la commission sur les abonnements dans le scénario indiqué ; elle ne présume pas du tarif Ghost disponible pour cette taille de liste.
- 500 membres : avec 1 % de payants, 5 abonnements donnent un seuil de 4 € par mois ; avec 3 %, 15 abonnements donnent 12 € ; avec 5 %, 25 abonnements donnent 20 €.
- 2 000 membres : avec 1 % de payants, 20 abonnements donnent un seuil de 16 € par mois ; avec 3 %, 60 abonnements donnent 48 € ; avec 5 %, 100 abonnements donnent 80 €.
- 10 000 membres : avec 1 % de payants, 100 abonnements donnent un seuil de 80 € par mois ; avec 3 %, 300 abonnements donnent 240 € ; avec 5 %, 500 abonnements donnent 400 €.
Ces résultats montrent pourquoi la taille de la liste ne suffit pas à désigner le service le moins cher. À audience égale, une meilleure conversion augmente les recettes soumises à commission et relève le seuil qu’un forfait peut atteindre sans devenir plus coûteux. À conversion égale, augmenter le prix de l’abonnement produit le même effet. Il faut cependant confronter chaque seuil au palier Ghost correspondant à la liste entière, et non au seul groupe des lecteurs payants.
La liste gratuite pèse sur le forfait
La règle de comptage Ghost(Pro) inclut les comptes membres gratuits et ceux dotés d’un abonnement actif ; chaque compte associé à une adresse électronique compte pour un membre. Une publication peut ainsi changer de palier parce que ses inscriptions gratuites augmentent, même si ses paiements progressent peu. Le nombre de membres de l’équipe constitue également une limite des offres : une publication collective doit vérifier ce paramètre en plus de sa liste de lecteurs.
Supposons deux publications ayant chacune 100 abonnés payants au même prix. Leur commission sur les abonnements serait identique. Si la première compte 500 membres au total et la seconde 10 000, leurs forfaits d’hébergement peuvent différer sensiblement. Inversement, deux publications de même taille peuvent relever du même palier tout en produisant des recettes payantes très différentes. La part gratuite de l’audience et la valeur des abonnements jouent donc sur des côtés distincts du calcul.
Comparer des dépenses de même nature
Le prix du forfait affiché en dollars doit être rapproché du montant réellement payé en euros. Le taux de change appliqué, la fréquence de facturation et les conditions propres au compte peuvent modifier ce montant. Une offre annuelle peut réduire le coût ramené au mois, mais elle réclame une dépense initiale plus importante : pour une petite publication, cette différence de trésorerie peut compter autant qu’un léger écart de coût théorique.
Les frais de traitement des paiements forment un poste distinct. Ils dépendent notamment du pays du compte, du moyen de paiement et de la fréquence des prélèvements ; ils s’ajoutent aux frais de plateforme dans le calcul d’une marge nette. Les seuils ci-dessus isolent volontairement la commission et le forfait : ils ne représentent pas le bénéfice final de la publication. Pour comparer deux configurations réelles, il faut appliquer à chacune ses frais de paiement et conserver la même définition des recettes.
Le contrôle du site entre dans la décision
Le coût d’un forfait peut acheter des possibilités qui ont une valeur pour une publication : thème personnalisé, intégrations, organisation du site et gestion de ses contenus. Cette liberté demande parfois du temps de configuration, de maintenance éditoriale ou l’intervention d’un prestataire. Avec un hébergement géré, l’enjeu n’est pas nécessairement d’administrer soi-même un serveur ; il est de savoir si les adaptations souhaitées justifient leur coût en travail, en plus du forfait.
La capacité de partir avec son audience mérite une lecture précise. L’export de Substack permet de télécharger la liste des abonnés en CSV, avec toutes les colonnes proposées ou seulement celles qui sont visibles. Les exports de Ghost couvrent notamment les membres en CSV, les contenus en JSON et les fichiers du thème. Ces possibilités rendent une migration envisageable, mais déplacer les contenus, adapter leur présentation et reprendre les abonnements demandera du travail dans les deux cas.
Pour une liste surtout gratuite et peu de recettes payantes, l’absence de forfait préserve la trésorerie. Quand les abonnements génèrent une commission supérieure au forfait exigé pour l’audience complète, l’avantage de coût peut passer à Ghost. Si la publication a aussi besoin de personnaliser durablement son site, la valeur de ce contrôle doit être mise en regard du temps et des dépenses nécessaires pour l’exercer.
À lire aussi :
Articles similaires


Clockify ou Toggl Track : l’interface plus fluide coûte plus cher

Patreon ou Substack : les mêmes 10 %, mais pas le même service

Newsletter ou podcast : le vrai choix porte sur le mode de revenu

Patreon abandonne le paiement par création : l’inaction peut geler les revenus

Qonto ou Shine : le compte gratuit ne suffit pas à trancher
Abonnez-vous à notre newsletter
Recevez directement les dernières actualités sur le Web3, l’IA et les cryptomonnaies.