Slack ou Teams : Microsoft 365 peut rendre le deuxième abonnement inutile

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|6 min de lecture| 3
Slack ou Teams : Microsoft 365 peut rendre le deuxième abonnement inutile

Pour une petite équipe dont la licence Microsoft 365 inclut déjà Teams, utiliser Teams évite généralement de payer un second abonnement de messagerie. Slack Pro devient intéressant si ses intégrations ou ses canaux partagés avec des partenaires apportent une valeur suffisante pour justifier cette dépense supplémentaire.

Tout dépend d’abord de la licence détenue : il existe des formules Microsoft 365 avec Teams et d’autres sans Teams. Une équipe qui possède la première ne paie pas de licence Teams supplémentaire pour cet usage ; celle qui possède la seconde doit intégrer le coût d’accès à Teams dans sa comparaison avec Slack.

Le coût annuel pour 5, 25 et 100 personnes

La grille PME de Microsoft affiche Business Basic avec Teams à 6,07 € HT par personne et par mois, Business Basic EEE sans Teams à 4,67 € HT et Teams Essentials seul à 3,50 € HT, avec paiement annuel. La grille européenne de Salesforce affiche Slack Pro à 6,75 € par personne et par mois, avec facturation mensuelle. Les montants ci-dessous multiplient ces prix affichés par douze, sans promotion ni variation d’effectif ; le traitement fiscal du prix Slack est à vérifier avant de comparer les devis.

  • Pour 5 personnes : Slack Pro représente 405 € sur douze mois ; Teams Essentials, 210 € HT ; Business Basic avec Teams, 364,20 € HT.
  • Pour 25 personnes : les mêmes bases donnent 2 025 € pour Slack Pro, 1 050 € HT pour Teams Essentials et 1 821 € HT pour Business Basic avec Teams.
  • Pour 100 personnes : les totaux atteignent respectivement 8 100 €, 4 200 € HT et 7 284 € HT.

Le prix complet de Business Basic n’est pas le prix de Teams seul : il couvre aussi les applications bureautiques, le courrier professionnel et le stockage. Si l’équipe paie déjà Business Basic avec Teams, ajouter Slack Pro représente donc 405 €, 2 025 € ou 8 100 € par an selon ces trois effectifs, tandis que continuer avec Teams ne crée pas de nouvelle licence de messagerie.

Pour une équipe équipée de Business Basic EEE sans Teams, l’écart entre les deux versions de Business Basic affichées plus haut est de 1,40 € HT par personne et par mois. À effectif constant, cela correspond à 84 €, 420 € ou 1 680 € HT par an pour 5, 25 ou 100 personnes. Cet écart tarifaire est un repère, pas la promesse qu’un changement de formule sera possible aux mêmes conditions pour tout contrat existant.

Historique : ce que le forfait gratuit permet vraiment de retrouver

Le forfait gratuit de Slack peut suffire lorsque les échanges récents sont les seuls dont l’équipe a besoin. La comparaison des forfaits Slack limite toutefois son historique consultable à 90 jours et ses intégrations à dix applications ; Pro donne accès à un historique consultable et à des intégrations illimités. Les appels d’équipe et les messages externes du forfait gratuit se limitent aux échanges individuels, alors que Pro ouvre les échanges de groupe.

Une conversation devenue invisible n’est pas nécessairement supprimée aussitôt. L’aide de Slack sur le forfait gratuit précise que le propriétaire peut conserver messages et fichiers pendant un an ou choisir leur suppression après 90 jours ; les données de plus d’un an peuvent ensuite être supprimées. Pour une équipe qui retrouve régulièrement d’anciennes décisions dans ses conversations, la limite de recherche compte davantage que le seul prix d’entrée.

Réunions et fichiers : les dépenses que Teams peut absorber

Les réunions changent le calcul si l’équipe paie déjà un service de visioconférence distinct. Teams Essentials réunit conversations, appels et visioconférences ; Business Basic ajoute notamment le calendrier professionnel et un espace de stockage plus large. Si les réunions habituelles peuvent passer dans Teams, la dépense évitée est celle du service réellement abandonné, pas son tarif théorique lorsqu’il reste utilisé ailleurs.

Le même raisonnement vaut pour les fichiers. Business Basic associe la collaboration à OneDrive et SharePoint, alors que Teams Essentials offre un espace plus limité. Une équipe qui classe déjà ses documents dans Microsoft 365 peut conserver un parcours cohérent entre conversation, réunion et fichier. À l’inverse, choisir Slack ne supprime pas automatiquement les frais d’un espace documentaire ou d’un outil de réunion que l’équipe doit garder.

Il faut donc ajouter au prix de Slack Pro les abonnements de réunion et de stockage maintenus, puis retrancher seulement ceux qui disparaissent effectivement. Cette comparaison évite d’attribuer à l’un des services des économies que les usages réels ne permettent pas. Elle explique aussi pourquoi deux équipes de même taille peuvent arriver à des décisions différentes avec les mêmes tarifs de messagerie.

Intégrations et partenaires : quand Slack mérite son supplément

Le critère utile n’est pas la taille d’un catalogue d’applications, mais le rôle des connexions employées chaque jour. Si les alertes, les tâches et les échanges de projet viennent principalement d’outils extérieurs à Microsoft 365, Slack peut réunir ces flux dans ses canaux. Si le travail se fait surtout dans Outlook, OneDrive et SharePoint, Teams s’insère dans les services que l’équipe utilise déjà.

La collaboration externe peut peser encore plus lourd que les intégrations. Dans un essai parallèle de 90 jours, Softabase juge les canaux Slack Connect plus commodes pour travailler avec d’autres organisations et décrit l’accès invité de Teams comme moins simple dans les projets observés. Cette appréciation porte sur l’expérience de cet essai : les droits d’accès et les outils des partenaires peuvent modifier le résultat pour une autre équipe.

Un canal commun avec un client ou un prestataire peut justifier Slack Pro lorsque les échanges de groupe y sont fréquents et que les participants l’utilisent déjà. Pour quelques messages individuels occasionnels, le forfait gratuit ou les moyens de collaboration existants peuvent suffire. Le bénéfice recherché doit correspondre à un usage précis, car l’abonnement s’applique aux personnes équipées, pas seulement aux canaux externes.

Garder les deux outils a aussi un prix

La coexistence peut être raisonnable lorsqu’une partie seulement de l’équipe travaille durablement avec des partenaires sur Slack. Dans le scénario tarifaire calculé plus haut, équiper cinq personnes de Pro ajoute 405 € sur douze mois, contre 2 025 € pour vingt-cinq personnes. Limiter les licences aux participants qui en ont besoin réduit la dépense, à condition que les autres puissent suivre les décisions qui les concernent.

Deux messageries créent aussi un coût de coordination : une décision peut rester dans un canal Slack, son document dans SharePoint et sa réunion dans Teams. Une migration complète demande un effort ponctuel pour déplacer les échanges utiles, recréer les canaux et régler les intégrations. Si Teams couvre déjà les réunions, les fichiers et les conversations de l’équipe, cet effort et l’abonnement Slack peuvent être évités ; si les canaux externes sont indispensables, leur utilité peut justifier une coexistence ciblée.

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