
États-Unis : les licenciements restent rares, l’embauche aussi

Le 3 septembre 2026, les États-Unis ont fait état de 206 000 nouvelles demandes d’allocations chômage pour la semaine achevée le 29 août, contre 204 000 la semaine précédente après révision. Le relevé du Department of Labor fixe aussi la moyenne sur quatre semaines à 207 250 et les demandes continues à 1,779 million.
Ces chiffres ne signalent pas une vague de licenciements, mais ils ne décrivent pas davantage un marché accueillant pour les candidats. Le 3 septembre, l’analyse de Reuters situait les demandes dans le bas de leur fourchette de 2026 et décrivait un marché « slow hire, slow fire » : les employeurs conservent leurs salariés, tout en hésitant à accroître leurs effectifs.
Les nouvelles demandes restent contenues

Les demandes initiales constituent un indicateur rapide des pertes d’emploi donnant lieu à une demande d’indemnisation. Leur hausse de 2 000 en une semaine est limitée, tandis que la moyenne mobile a progressé de 1 500. Ensemble, ces deux mouvements montrent un léger raffermissement des demandes à la fin d’août, pas une rupture brutale.
Cet indicateur ne recense cependant ni tous les licenciements ni tous les chômeurs. Il dépend de l’admissibilité à l’assurance-chômage et du dépôt effectif d’un dossier. Le mot « rares » dans le diagnostic décrit donc l’absence de poussée généralisée visible dans les demandes, et non la disparition des suppressions de postes.
La moyenne sur quatre semaines est utile parce qu’elle atténue les variations ponctuelles liées au calendrier ou aux données d’un État. À 207 250, elle confirme que le flux des nouveaux dossiers demeurait faible, même s’il remontait modestement par rapport à la semaine précédente.
Les demandes continues révèlent une autre difficulté

Les demandes initiales et continues ne mesurent pas la même étape. Les premières correspondent à l’entrée dans le dispositif. Les secondes comptabilisent, avec une semaine de décalage supplémentaire, les personnes qui réclament encore une prestation après leur demande initiale.
Pour la semaine achevée le 22 août, les demandes continues ont augmenté de 8 000 pour atteindre 1,779 million. Leur moyenne sur quatre semaines a néanmoins diminué de 5 000, à 1 781 750. La hausse hebdomadaire et le recul de la moyenne ne sont pas contradictoires : ils portent sur des fenêtres temporelles différentes.
Cette série ne mesure pas directement le nombre d’embauches. Elle apporte toutefois une information complémentaire : lorsque les nouvelles entrées restent faibles mais que près de 1,8 million de dossiers se prolongent, l’absence de licenciements massifs ne garantit pas une réintégration rapide des personnes déjà sans emploi.
Les embauches brutes ont reculé, sans effondrement statistique

Le contraste apparaît plus clairement dans les données mensuelles sur les mouvements de main-d’œuvre. En juillet, les employeurs américains ont réalisé 5,054 millions d’embauches, contre 5,332 millions en juin, soit un recul d’environ 5 %. La publication JOLTS du Bureau of Labor Statistics arrondit le niveau à 5,1 millions et qualifie néanmoins sa variation mensuelle de faible.
Cette précision évite de transformer une estimation en signal d’effondrement. Le chiffre de juillet indique moins d’entrées dans les effectifs qu’en juin, mais l’organisme statistique ne considère pas le mouvement comme une variation significative. Le diagnostic d’embauche faible repose donc sur un marché durablement peu mobile, pas sur ce seul recul mensuel.
Les embauches brutes couvrent toutes les entrées dans les effectifs au cours du mois, avant de soustraire les démissions, licenciements et autres départs. Elles diffèrent ainsi des créations nettes d’emplois. Une entreprise peut conserver presque tous ses salariés, recruter peu et afficher malgré tout un effectif global relativement stable.
La stabilité bénéficie d’abord aux personnes déjà en poste
Le marché « no-hire, no-fire » sépare deux expériences. Pour les salariés en poste, la retenue des employeurs face aux licenciements offre une sécurité relative. Pour les jeunes visant un premier emploi et les chômeurs cherchant à revenir sur le marché, la faible rotation réduit le nombre d’occasions et peut prolonger la recherche.
Les données publiées le 3 septembre montrent donc un marché stable du côté des ruptures, mais peu ouvert du côté des entrées. Les prochaines demandes hebdomadaires permettront de vérifier si les licenciements restent contenus ; la prochaine enquête JOLTS, annoncée pour le 29 septembre, dira si les embauches d’août commencent à desserrer ce verrou.
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