
Contrat d’influence en France : 1 000 € déclenche l’écrit obligatoire

Depuis le 1er janvier 2026, le contrat d’influence doit être écrit lorsque les rémunérations et les avantages en nature accordés à un influenceur atteignent ensemble 1 000 € HT. Le décret du 28 novembre 2025 impose ce seuil à partir du 1er janvier 2026 pour un même annonceur, au cours d’une même année et en contrepartie de prestations poursuivant un même objectif promotionnel.
Le montant de 1 000 € est inclusif : 999 € HT restent sous le seuil, tandis qu’un cumul égal à 1 000 € HT déclenche l’écrit obligatoire. Certaines présentations administratives emploient le verbe « dépasser », mais le texte réglementaire fait foi et retient expressément une somme « supérieure ou égale » à 1 000 € HT.
Les quatre axes qui délimitent le cumul

Le seuil ne s’apprécie pas publication par publication. Il faut regrouper les contreparties selon quatre axes : l’annonceur qui les accorde, l’influenceur qui les reçoit, l’année de réalisation et l’objectif promotionnel poursuivi.
- Annonceur : tenez un cumul distinct pour chaque annonceur, même lorsqu’une agence organise plusieurs collaborations.
- Influenceur : suivez séparément les contreparties accordées à chaque créateur.
- Année : additionnez les prestations concernées réalisées au cours de la même année, y compris lorsqu’elles découlent de commandes successives.
- Objectif promotionnel : réunissez les contenus qui servent la même finalité, même s’ils utilisent plusieurs formats ou plateformes.
Le décret ne fournit pas de nomenclature permettant de distinguer automatiquement deux objectifs promotionnels. Il est donc prudent de décrire chaque finalité de campagne avec des critères concrets : produit ou service promu, opération concernée et résultat recherché. Un changement de nom interne ne suffit pas à démontrer que deux prestations répondent à des objectifs différents.
Un calculateur décisionnel avant chaque nouvelle opération
Créez une ligne de suivi pour chaque combinaison « annonceur – influenceur – objectif – année ». Inscrivez dans deux colonnes la rémunération en numéraire et la valeur HT des avantages en nature accordés en contrepartie des prestations : produit conservé, séjour, repas, service, abonnement ou autre bénéfice que le créateur ne finance pas.
- Identifiez l’annonceur qui accorde la contrepartie.
- Décrivez précisément l’objectif promotionnel.
- Reconstituez les rémunérations en numéraire déjà versées pour cette combinaison.
- Ajoutez chaque avantage en nature et la valeur HT retenue.
- Intégrez la contrepartie de la nouvelle opération envisagée.
- Si le cumul atteint ou dépasse 1 000 € HT, prévoyez un écrit contenant toutes les mentions légales.
Le décret inclut la valeur des avantages en nature, mais ne fixe pas une méthode universelle pour valoriser chaque catégorie de cadeau. Conservez donc la nature de l’avantage, la valeur HT utilisée et l’élément qui la justifie. Ce suivi des avantages en nature évite notamment d’omettre des produits reçus lors d’envois successifs.
Exemple conditionnel : pour le même lancement, un créateur reçoit 300 € HT, puis 450 € HT, ainsi qu’un produit conservé valorisé à 250 € HT et accordé en contrepartie des contenus. Le total atteint exactement 1 000 € HT : le contrat écrit devient obligatoire. Un envoi sans contrepartie réelle ne doit toutefois pas être intégré mécaniquement ; il faut examiner les conditions de l’envoi et son lien avec une prestation d’influence.
Les cinq blocs obligatoires du contrat

Un échange qui ne mentionne qu’un tarif et une date peut être insuffisant. La fiche de Service Public Entreprendre réunit les cinq blocs exigés et précise que leur absence expose le contrat à la nullité.
- Identité des parties : noms ou dénominations, coordonnées postales et électroniques, ainsi que pays de résidence fiscale.
- Nature des missions : prestations confiées et périmètre suffisamment précis de la campagne.
- Rémunération et avantages : montant en numéraire ou modalités de sa détermination ; pour un avantage en nature, sa valeur ainsi que les conditions et modalités de son attribution.
- Droits et obligations : engagements respectifs et, le cas échéant, droits de propriété intellectuelle. Le contrat doit alors encadrer la réutilisation des contenus, les droits concernés et les conditions convenues.
- Droit applicable : application du droit français lorsque l’activité d’influence commerciale électronique vise notamment un public établi en France.
Ces blocs constituent un contrôle légal de présence, pas un modèle identique pour toutes les campagnes. La durée, le calendrier, le processus de validation ou les modalités de retrait peuvent aussi être précisés selon l’opération. La valeur des avantages inscrite dans le contrat doit rester cohérente avec celle utilisée pour calculer le seuil.
La transparence publicitaire reste obligatoire sous 1 000 €

Le seuil de 1 000 € HT concerne la forme écrite du contrat, pas l’identification du contenu commercial. Une publication réalisée à des fins promotionnelles avec une contrepartie en argent ou en nature doit signaler clairement son caractère commercial, même si le cumul annuel reste inférieur au seuil contractuel.
La fiche pratique de la DGCCRF exige une mention lisible, compréhensible et visible pendant toute la durée de la publication. « Publicité » et « Collaboration commerciale » conviennent, de même qu’une mention équivalente adaptée au format, telle que « sponsorisé », « partenariat » ou « produit offert ».
Deux contrôles doivent donc rester séparés. Le cumul annuel détermine si un écrit complet est obligatoire ; l’identification commerciale s’apprécie pour chaque contenu concerné, sans attendre que le cumul atteigne 1 000 € HT.
Le contrôle avant signature et diffusion
Avant d’accepter une nouvelle opération, fixez la combinaison annonceur, influenceur, objectif promotionnel et année. Additionnez ensuite les paiements et les avantages en nature correspondants, puis vérifiez le contenu du contrat et les modalités d’identification de la publication.
- Les contreparties antérieures et celles de la nouvelle opération sont-elles réunies dans le même cumul lorsque les quatre axes correspondent ?
- Chaque avantage en nature lié à la prestation possède-t-il une valeur HT justifiable ?
- À partir de 1 000 € HT, l’accord est-il établi par écrit ?
- Les cinq blocs obligatoires sont-ils tous renseignés ?
- Les droits de réutilisation correspondent-ils aux usages réellement prévus ?
- La mention commerciale restera-t-elle visible pendant toute la publication ?
En dessous du seuil, ce dispositif particulier n’impose pas l’écrit, sans interdire aux parties de formaliser leurs engagements. Dès que le cumul atteint 1 000 € HT, l’accord écrit contenant les mentions requises devient obligatoire.
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