kDrive ou Proton Drive : 3 To de collaboration face au chiffrement intégral

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|6 min de lecture| 1
kDrive ou Proton Drive : 3 To de collaboration face au chiffrement intégral

Pour travailler sur de nombreux fichiers avec d’autres personnes, kDrive est le choix le plus direct : la grille d’Infomaniak associe 3 To, OnlyOffice et un compte utilisateur dans Solo, dès 4,99 CHF par mois avec engagement d’un an. Si vos fichiers doivent rester illisibles pour l’hébergeur, la priorité change : cette formule individuelle ne procure pas le chiffrement de bout en bout à accès nul de Proton Drive.

La gamme Proton Drive commence à 5 Go gratuits avec chiffrement de bout en bout ; Drive Plus offre 200 Go à 4,99 $US par mois en facturation mensuelle, tandis que les 3 To de Proton Family coûtent 29,99 $US par mois et accueillent jusqu’à six utilisateurs. Il faut donc comparer le nombre de comptes nécessaires avant les volumes affichés : les 3 To de Family ne sont pas l’équivalent d’un abonnement Solo.

Volume et coût annuel : à qui appartient l’espace ?

Un indépendant qui classe seul ses photos, vidéos et dossiers de travail peut utiliser toute la capacité de Solo sous son compte. Pour une équipe, Team prévoit des dossiers communs, une gestion des utilisateurs et un espace de 3 To extensible ; ses six comptes inclus sont plafonnés à ce nombre. Family répond à une autre organisation : plusieurs membres du foyer disposent chacun de leur compte, mais puisent dans une capacité commune. Ces différences comptent davantage qu’une comparaison isolée des téraoctets.

Au tarif mensuel lié à l’engagement annuel, Solo représente 59,88 CHF sur douze mois et Team, affiché dès 10 CHF par mois, 120 CHF ; ces prix sont hors TVA. En conservant la facturation mensuelle indiquée pour Proton, douze mensualités de Drive Plus totalisent 59,88 $US et celles de Family 359,88 $US. Ce calcul décrit une année payée mois par mois, pas un tarif annuel promotionnel. La devise, les taxes et les éventuelles offres liées à la durée d’engagement empêchent de traiter ces montants comme des prix directement interchangeables pour un lecteur en France, en Belgique ou en Suisse romande.

Le bon palier dépend aussi de ce qui occupe réellement le stockage. Des documents bureautiques prennent généralement moins de place qu’une photothèque ou des vidéos ; payer d’emblée pour plusieurs téraoctets n’a guère d’intérêt si les fichiers à conserver tiennent dans une offre plus petite. À l’inverse, le volume seul ne résout rien lorsque chaque personne doit retrouver ses propres fichiers et disposer d’un accès distinct.

Confidentialité : qui peut lire les fichiers ?

La présentation de la sécurité de Proton Drive précise que le contenu des fichiers, les dossiers et leurs noms sont chiffrés de bout en bout : même Proton ne peut les consulter sans l’autorisation de l’utilisateur. Le déchiffrement reste possible pour les personnes auxquelles un accès est accordé. Pour des archives personnelles ou des dossiers de clients sensibles, c’est la différence technique qui peut justifier un espace plus restreint ou un abonnement plus coûteux.

Dans son essai de kDrive, Clubic relève son avantage en volume et en collaboration, ainsi que l’absence de chiffrement à accès nul face à Proton Drive. Les fichiers kDrive sont chiffrés pendant le transfert et au repos, mais les clés ne sont pas exclusivement sous le contrôle de l’utilisateur. Une petite structure doit donc décider si la protection offerte par son hébergeur répond à ses obligations de confidentialité, ou si l’impossibilité technique pour celui-ci de lire les contenus est une condition du choix.

Le chiffrement intégral ne rend pas un partage confidentiel par lui-même. Dès qu’une personne reçoit l’accès à un fichier, elle peut en lire le contenu ; le choix des destinataires et des droits reste essentiel. Cette nuance importe surtout pour les dossiers qui circulent entre proches, clients ou collaborateurs : la protection contre l’accès du fournisseur et la maîtrise des accès accordés répondent à deux besoins distincts.

Édition : le compromis porte sur les fichiers et les comptes

OnlyOffice permet, dans kDrive, d’éditer en ligne des documents, des tableaux et des présentations. Solo convient lorsque le propriétaire du compte travaille avec des invités ; Team ajoute des comptes gérés et des dossiers communs pour un travail régulier à plusieurs. La formule Pro étend encore l’organisation des utilisateurs et donne accès à Microsoft Office Online. Le choix entre ces formules dépend de la place qu’occupent les fichiers bureautiques dans l’activité quotidienne, pas seulement de la capacité de stockage.

Proton dispose également d’outils collaboratifs. Proton Docs prend en charge l’édition simultanée, les suggestions, les commentaires et les invitations à consulter ou modifier un document, y compris sans compte Proton ; Proton Sheets complète l’édition de feuilles de calcul. La comparaison ne se réduit donc plus à une suite bureautique face à un coffre de fichiers. Pour une équipe qui échange souvent des présentations et organise des dossiers communs, l’offre Team garde un avantage pratique ; pour des documents sensibles édités à plusieurs, les outils chiffrés de Proton répondent à un besoin précis.

Partage et récupération : deux limites à distinguer

Les deux services permettent de partager par lien et de limiter l’accès avec un mot de passe ou une date d’expiration. Les liens Proton peuvent aussi être révoqués ; côté kDrive, les formules d’équipe ajoutent des droits et une gestion des comptes plus détaillés. Un lien protégé convient à l’envoi ponctuel d’un fichier. Un dossier modifié chaque semaine par plusieurs personnes demande plutôt des droits stables, une organisation commune et une responsabilité claire pour chaque compte.

La récupération répond à une autre question que le partage. Dans les offres kDrive, l’historique des versions et la corbeille donnent une possibilité de revenir sur une modification ou une suppression, avec des durées de conservation liées à la formule. Drive Plus prévoit également une rétention prolongée des versions. Ces mécanismes sont utiles contre une erreur sur un fichier ; ils ne remplacent pas une copie indépendante si l’accès à tout le compte est perdu ou si une synchronisation propage une suppression.

Quel choix pour un indépendant, une famille ou une petite équipe ?

  • Indépendant : avec des fichiers volumineux et des documents bureautiques échangés avec des clients, Solo offre une grande capacité sous un seul compte. Si les dossiers sensibles sont peu volumineux et que l’accès nul prime, l’offre gratuite ou Drive Plus suffit souvent mieux au besoin. Le point décisif est de savoir si les collaborateurs doivent posséder un compte dans le même espace.
  • Famille : dans l’exemple hypothétique d’un foyer qui conserve 600 Go de photos et vidéos sous des comptes séparés, Drive Plus et Unlimited sont trop petits. Duo ou Family deviennent des options selon le nombre de membres ; Team mérite aussi examen si les dossiers communs priment. Solo couvre largement ce volume, mais reste un abonnement individuel.
  • Petite équipe : pour des tableaux, des présentations et des dossiers communs modifiés régulièrement, Team constitue un point de départ cohérent. Lorsque l’hébergeur ne doit pas pouvoir lire les fichiers, il faut plutôt dimensionner une offre Proton adaptée aux comptes professionnels et accepter une organisation bureautique différente. Le coût pertinent est alors celui de tous les accès nécessaires, pas celui d’un seul compte doté d’un grand espace.

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