Firefox ou Brave : la plateforme peut inverser la protection WebRTC

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|7 min de lecture
Firefox ou Brave : la plateforme peut inverser la protection WebRTC

Dans les configurations étudiées, Firefox protège mieux les identifiants locaux WebRTC sur ordinateur, tandis que Brave masque sur Android des adresses internes exposées par Firefox. Les mesures multiplateformes de WebRTC montrent aussi une limite de Brave : ses noms mDNS restent stables pendant une session et peuvent servir à rapprocher des observations. Ce résultat concerne les informations réseau accessibles à une page, pas la confidentialité du navigateur dans son ensemble.

Pour choisir entre Firefox et Brave, il faut donc distinguer le réseau utilisé, l’appareil et le type de pistage redouté. Tous deux proposent des protections contre les traqueurs et les cookies intersites dès l’installation, selon des méthodes différentes. Leur comportement WebRTC ne se déduit pas de ces fonctions : une protection efficace contre les cookies peut coexister avec l’exposition d’une adresse interne.

Une matrice par risque et par plateforme

Les cookies intersites, l’empreinte numérique et WebRTC fournissent des moyens différents de reconnaître un navigateur ou son environnement. Un cookie sert d’identifiant enregistré ; une empreinte combine des caractéristiques accessibles aux sites ; WebRTC peut présenter des candidats de connexion contenant une adresse ou un nom local. Les résultats d’une catégorie ne constituent donc pas un classement pour les autres.

  • Cookies et traqueurs, sur ordinateur : Firefox bloque des traqueurs connus et isole les autres cookies tiers par site. Brave bloque des ressources publicitaires et des traqueurs tiers, ainsi que les cookies intersites.
  • Empreinte, sur ordinateur : Firefox bloque notamment des scripts d’empreinte répertoriés. Brave réduit aussi la stabilité de certaines caractéristiques présentées aux sites. Ces fonctions ne sont pas une mesure comparative de toutes les techniques d’empreinte.
  • WebRTC, selon l’appareil : sur les ordinateurs étudiés, Firefox présentait moins d’identifiants locaux exploitables que Brave. Sur le téléphone Android étudié, Brave masquait des adresses internes visibles avec Firefox, tout en laissant apparaître un nom mDNS.

Cette matrice porte sur les réglages ordinaires. Les modes renforcés, les exceptions accordées à un site ou un navigateur doté d’extensions changent la configuration comparée. Elle ne permet pas non plus de transposer le résultat Android à un iPhone : les essais WebRTC cités n’incluaient pas iOS.

Cookies intersites : isoler ou bloquer

Firefox isole des cookies par site tandis que Brave bloque des traqueurs et cookies intersites.

Dans son mode standard sur ordinateur, Firefox bloque les cookies de traqueurs intersites, les traqueurs sociaux et les scripts d’empreinte connus. Les autres cookies tiers sont isolés par site grâce à Total Cookie Protection, comme l’explique l’aide de Mozilla sur la protection standard. Un service intégré peut ainsi conserver des données utiles sur un site sans réutiliser librement le même cookie sur tous les autres.

La présentation de Brave Shields décrit une protection active par défaut qui bloque les publicités et traqueurs tiers ainsi que les cookies intersites. Brave prévoit aussi un stockage temporaire pour certains contenus tiers afin de préserver leur fonctionnement. Bloquer une ressource et isoler son stockage limitent tous deux le suivi, mais ils n’agissent pas au même moment et peuvent produire des effets différents sur un service intégré.

Cette différence compte lorsqu’un site utilise un outil de connexion, une vidéo ou un paiement fourni par un tiers. Firefox peut autoriser un accès limité au stockage dans certains cas ; Brave peut remplacer ou laisser fonctionner certaines ressources sous une forme plus restreinte. Aucun inventaire de fonctions ne donne, à lui seul, un taux de traqueurs arrêtés sur les sites qu’utilise une personne donnée.

Empreinte : deux défenses qui ne mesurent pas le même résultat

Une empreinte peut associer des informations sur l’appareil, les polices, les capacités graphiques ou d’autres caractéristiques accessibles au navigateur. Firefox standard bloque des scripts d’empreinte identifiés comme tels. Brave agit également sur certaines interfaces du navigateur en modifiant ou en supprimant des valeurs qui pourraient aider un site à reconnaître son visiteur.

Ces approches répondent à des risques voisins sans fournir de verdict général. Un script bloqué ne voit plus les caractéristiques qu’il cherchait à recueillir ; un script qui fonctionne encore peut recevoir des valeurs moins stables. L’efficacité réelle dépend aussi des autres informations recueillies par le site et de la possibilité de les combiner. Les descriptions des deux éditeurs exposent leurs mécanismes, mais ne remplacent pas un essai d’empreinte conduit sur les mêmes appareils et les mêmes sites.

WebRTC ajoute une nuance : masquer une adresse locale derrière un nom mDNS évite de livrer l’adresse brute, mais ce nom peut rester reconnaissable pendant la session. Il s’agit d’un risque de corrélation à court terme, distinct de l’empreinte fondée sur les polices ou le matériel. Une défense contre ces autres techniques n’établit donc pas ce que révèle WebRTC.

Sur ordinateur, WebRTC départage les identifiants locaux

Sur ordinateur, Firefox masque davantage les identifiants WebRTC locaux, tandis que Brave laisse un identifiant mDNS de session.

WebRTC permet notamment d’établir des communications directes dans le navigateur. Pour trouver un chemin de connexion, le mécanisme ICE rassemble des candidats réseau. Une page qui reçoit ces candidats peut voir une adresse publique, une adresse du réseau local ou un nom de remplacement ; parler simplement de « fuite IP » efface ces différences.

Sur les ordinateurs Windows et Linux examinés, Brave ne montrait pas directement l’adresse locale, mais présentait un nom mDNS stable pendant la session. Firefox produisait plutôt des candidats factices ou minimaux, sans identifiant local comparable dans les configurations décrites. L’avantage observé de Firefox concerne donc la discrétion de ces métadonnées locales. Dans plusieurs essais, l’adresse IP publique demeurait visible avec les deux navigateurs.

Un nom mDNS remplace l’adresse interne dans le candidat montré à la page ; il ne signifie pas que la connexion WebRTC est anonyme. Sa stabilité peut relier plusieurs observations pendant une même session, alors que les résultats publiés montrent une rotation entre des sessions distinctes. Cette différence de durée importe davantage qu’un classement binaire entre « fuite » et « absence de fuite ».

Sur Android, l’adresse interne change la comparaison

Sur Android et Wi-Fi, les essais WebRTC exposent une adresse locale avec Firefox que Brave masque.

Firefox pour Android conserve une protection contre le pistage activée par défaut. L’aide de Mozilla pour Android décrit le blocage de traqueurs connus et l’isolation des cookies. Ces réglages concernent le suivi entre sites ; ils ne garantissent pas que le navigateur mobile présente les mêmes candidats WebRTC que sa version pour ordinateur.

Sur le téléphone Android et le réseau Wi-Fi étudiés, Firefox exposait une adresse locale que Brave masquait. Sur le réseau cellulaire examiné, Firefox exposait une adresse interne attribuée dans le réseau de l’opérateur, tandis que Brave la masquait également. Brave continuait toutefois de présenter un nom mDNS. Pour une personne qui privilégie la discrétion de son adresse interne lors d’un appel dans le navigateur, le résultat Android favorise ainsi Brave dans ces configurations précises.

La comparaison a une limite importante : les versions de Firefox testées sur ordinateur et sur Android étaient différentes. Le protocole utilisait une sonde contrôlée et des réseaux définis, sans VPN ; il n’établit pas que la plateforme, à elle seule, cause tout l’écart observé. Les résultats ne couvrent pas non plus iOS ni systématiquement les réseaux uniquement IPv6. Une mise à jour du navigateur ou un autre environnement réseau pourrait modifier les candidats présentés.

Quel choix pour les réglages par défaut ?

Sur ordinateur, Firefox répond bien à une priorité précise : réduire les identifiants locaux que WebRTC présente aux pages, avec en parallèle l’isolation des cookies et le blocage de traqueurs connus. Brave reste un choix cohérent si le blocage intégré des publicités et des traqueurs compte davantage, en sachant qu’un identifiant mDNS peut subsister pendant une session WebRTC.

Sur Android, Brave a mieux masqué les adresses internes dans les réseaux étudiés, alors que Firefox conserve ses protections contre le pistage intersites. Le choix dépend donc de ce que vous souhaitez protéger en priorité ; aucun des essais cités ne démontre qu’un navigateur gagne sur tous les risques à la fois. Si WebRTC est déterminant, les politiques WebRTC décrites par Brave permettent aussi de restreindre les interfaces ou adresses utilisées. Un tel changement peut affecter les connexions directes et sort du cadre d’une comparaison des réglages par défaut.

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