Cloudflare Pages ou Netlify : 300 crédits peuvent arrêter tous les sites

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|7 min de lecture
Cloudflare Pages ou Netlify : 300 crédits peuvent arrêter tous les sites

Pour un site statique qui reçoit beaucoup de trafic ou se publie souvent, Cloudflare Pages Free offre généralement plus de marge. Sur Netlify Free à crédits, les 300 crédits mensuels sont partagés entre les déploiements, les requêtes, la bande passante et le calcul ; une fois le solde épuisé, tous les projets de l’équipe sont mis en pause et leurs visiteurs voient « Site not available ». Le barème prélève 15 crédits par déploiement réussi en production, 20 par Go transféré, 2 par 10 000 requêtes web et 10 par Go-heure de calcul.

Cloudflare Pages mesure autrement la charge d’un site statique : sa présentation de l’offre annonce des requêtes et une bande passante illimitées. Le choix se joue donc sur la fréquence des publications, la taille du site généré et, si l’application exécute des fonctions, la répartition des appels dans la journée. Les calculs ci-dessous portent sur le forfait Netlify Free à crédits et sur Cloudflare Pages Free.

Deux façons de compter une publication

Sur Netlify, une nouvelle version publiée en production consomme des crédits même si elle ne modifie qu’un détail. Les déploiements de prévisualisation et de branche ne consomment pas de crédits de déploiement ; les visites et les données servies depuis ces versions entrent toutefois dans les compteurs de trafic. Une page affichée peut produire plusieurs requêtes pour son HTML, ses images, ses styles et ses scripts. Compter uniquement les pages vues sous-estime donc les requêtes facturées.

Pour les projets reliés à Git, les limites de Cloudflare Pages prévoient 500 constructions par mois sur l’offre Free, une seule à la fois par compte et un délai maximal de 20 minutes par construction. Chaque site peut contenir jusqu’à 20 000 fichiers, avec une taille maximale de 25 Mio par fichier. Ces plafonds concernent la fabrication et le contenu du site : un trafic statique élevé n’entame pas le quota mensuel de constructions, tandis qu’une documentation riche en pages ou en ressources peut atteindre la limite de fichiers.

Les trois charges suivantes sont hypothétiques et couvrent chacune un cycle mensuel. Les gigaoctets désignent les données envoyées aux visiteurs, et les requêtes comprennent aussi celles des ressources statiques ou des fonctions. Elles supposent que les autres projets du compte ne consomment rien ; leur activité devra être ajoutée pour apprécier le solde réel d’une équipe.

Portfolio : peu de trafic, mais des publications payantes

Supposons un portfolio mis en production quatre fois pendant le cycle, avec 0,5 Go transféré et 5 000 requêtes, sans fonction. Sur Netlify, les publications représentent 60 crédits, le transfert 10 et les requêtes 1, soit 71 crédits. Une retouche supplémentaire publiée en production ajouterait 15 crédits, même si le nombre de visiteurs restait identique. Sur Cloudflare Pages, quatre changements envoyés par Git représenteraient quatre constructions.

À trafic inchangé, ce portfolio pourrait compter 19 publications de production sur Netlify avant d’atteindre la réserve : 19 × 15 crédits, plus 11 crédits de trafic, donnent 296. Une vingtième publication dépasserait le solde. Ce calcul rend visible le coût d’une habitude éditoriale courante : publier chaque petite correction séparément peut peser davantage que les visites d’un portfolio peu consulté. Si les changements sont rares, le budget reste confortable sur les deux offres, sous réserve des autres sites de l’équipe.

Documentation : les gigaoctets réduisent vite la marge

Imaginons une documentation publiée douze fois, qui envoie 4 Go de fichiers et reçoit 100 000 requêtes pendant le cycle. Le calcul Netlify est de 180 crédits pour les publications, 80 pour la bande passante et 20 pour les requêtes : 280 crédits au total. Il ne reste que 20 crédits pour les autres projets, les nouvelles publications ou la croissance du trafic. À nombre de publications et de requêtes constant, 1 Go transféré en plus absorberait exactement cette marge.

Sur Cloudflare Pages, les douze constructions restent dans le quota mensuel et les 4 Go de fichiers statiques n’en retirent aucune. La contrainte se déplace vers la génération : une construction trop longue expire, et le dossier publié doit respecter les limites de fichiers. Une documentation qui produit une page HTML pour chaque version, langue ou rubrique peut multiplier les fichiers sans augmenter beaucoup le volume transféré. Deux métriques distinctes — taille envoyée aux lecteurs et nombre de fichiers produits — conduisent alors à des conclusions différentes selon l’hébergeur.

Application avec fonctions : le mois ne suffit plus à comparer

Prenons une application publiée huit fois, avec 3 Go transférés et 180 000 requêtes au total, dont 120 000 appels à une fonction. Pour chiffrer le calcul Netlify, supposons que chaque appel réserve 1 Go de mémoire pendant 0,2 seconde. Les publications coûtent 120 crédits, la bande passante 60 et les requêtes 36. Le calcul des fonctions atteint environ 6,67 Go-heures, soit 66,7 crédits : environ 282,7 crédits pour cette application. Les réponses de la fonction sont déjà comprises dans les 3 Go et ses appels dans les 180 000 requêtes ; ils ne sont pas ajoutés une seconde fois.

Cloudflare applique un autre compteur. Selon la tarification de Pages Functions, leurs appels partagent le quota Workers Free de 100 000 requêtes par jour, renouvelé à minuit UTC ; une requête statique qui n’invoque pas de fonction est gratuite et illimitée. Sans autres appels Workers sur le compte, les 120 000 appels hypothétiques resteraient sous ce seuil s’ils étaient répartis sur plusieurs jours. Concentrés sur une seule journée, ils le dépasseraient. Un total mensuel identique peut ainsi être acceptable dans un cas et atteindre la limite quotidienne dans l’autre.

Cette distinction dépend aussi des routes de l’application. La configuration des routes Pages Functions permet d’exclure les chemins statiques avec un fichier _routes.json ; sans exclusion adaptée, des requêtes vers les fichiers du site peuvent invoquer une fonction et compter dans le quota quotidien. Dans le scénario chiffré, seuls les 120 000 appels désignés comme fonctions sont supposés l’invoquer. Si les autres requêtes passent également par elle, il faut les intégrer au calcul Cloudflare.

Ce que change un compte avec plusieurs sites

Les trois projets hypothétiques consommeraient ensemble environ 633,7 crédits sur une même équipe Netlify : 71 pour le portfolio, 280 pour la documentation et 282,7 pour l’application. Ils épuiseraient donc la réserve Free avant la fin du cycle, même si aucun ne la dépasse seul. La suspension touche alors les projets de l’équipe, y compris celui qui a très peu consommé. Le forfait Free à crédits a une limite stricte : il ne permet pas d’acheter une recharge pour prolonger le cycle.

Cloudflare Pages ne réunit pas ces usages dans une réserve mensuelle comparable. Les constructions partagent un plafond par compte, tandis que les fonctions utilisent le quota quotidien Workers Free ; les fichiers statiques continuent de relever de leurs propres limites. Pour plusieurs sites, il faut donc additionner les constructions et les appels aux fonctions selon leurs compteurs respectifs, au lieu d’additionner leurs gigaoctets à un budget commun.

Quel choix pour ces charges ?

Pour le portfolio et la documentation des exemples, Cloudflare Pages Free laisse davantage de place au trafic statique et aux publications, tant que la génération tient dans ses limites de durée et de fichiers. Netlify Free à crédits convient à une charge plus prévisible, mais ses déploiements de production et son trafic entament le même solde pour toute l’équipe. Pour une application avec fonctions, le choix dépend surtout de la forme des appels : Netlify facture aussi le temps de calcul, tandis que Cloudflare impose un quota de requêtes quotidien partagé avec Workers.

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