Rayon lève 10 M€ : la 3D promise n’existe pas encore

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|5 min de lecture| 5
Rayon lève 10 M€ : la 3D promise n’existe pas encore

Le communiqué de Partech du 29 septembre 2026 détaille la série A de 10 M€ levée par Rayon, société parisienne spécialisée dans le dessin d’espaces intérieurs : Partech mène le tour, auquel participent Northzone, Foundamental et Seedcamp. Le financement doit soutenir l’arrivée de la 3D, l’intégration de l’IA au travail de conception et le développement commercial du logiciel.

Construction Industry AI distingue, dans son article du 30 septembre 2026, l’outil actuel de dessin en 2D de la version 4 annoncée avant la fin de l’année, qui doit apporter la 3D et des fonctions d’IA capables d’agir dans un projet. Le produit disponible permet déjà de créer et de partager des plans dans un navigateur. Les nouvelles capacités financées par le tour restent à livrer.

Un tour pour étendre le logiciel de Rayon

Les trois investisseurs qui accompagnent Partech étaient déjà présents au capital de Rayon. Leur participation prolonge le financement d’un produit destiné aux architectes d’intérieur et aux équipes qui conçoivent des hôtels, des restaurants, des commerces ou des espaces de travail. Le tour doit permettre à Rayon d’élargir ce produit tout en le proposant à davantage d’équipes.

Dans son billet du 23 septembre 2026, le cofondateur Stanislas Chaillou écrit « We see the drawing as the place where all of this comes together » et indique que plus de quatre millions de dessins ont été créés dans Rayon, dont l’équipe compte 35 personnes. Le total des dessins mesure une production cumulée déclarée par l’entreprise : il ne correspond pas à un nombre d’utilisateurs actifs. Le billet précède la communication de Partech sur le même tour.

Ce qui fonctionne déjà, ce qui attend la version 4

Rayon est aujourd’hui un logiciel de conception assistée par ordinateur accessible dans un navigateur. AEC Magazine décrit le dessin partagé, les commentaires, l’importation de fichiers DWG, PDF et d’images, ainsi que les données associées aux objets du plan. Les équipes peuvent travailler sur un même dessin, puis partager le projet par lien. L’accès sur téléphone ou tablette permet de consulter des projets et de prendre des mesures ; le dessin et la modification demandent un ordinateur.

Le produit comporte aussi des fonctions d’IA. Il peut convertir une image de plan en tracés vectoriels modifiables et créer des blocs de dessin à partir de photographies de produits. Une aide à l’utilisation et une recherche dans les bibliothèques complètent ces outils. Leur présence explique pourquoi annoncer de « nouvelles fonctions d’IA » ne signifie pas que toute IA est absente du logiciel actuel.

  • Disponible : le dessin de plans en 2D dans le navigateur, la collaboration sur ces plans, les bibliothèques de composants et certaines fonctions d’IA appliquées aux images ou aux éléments du dessin.
  • Annoncé pour la version 4 : la 3D dans l’environnement collaboratif, des outils génératifs plus étendus et une IA dite « agentique », censée accomplir des tâches à l’intérieur d’un projet.
  • Usage déclaré : plus de quatre millions de dessins créés sur la plateforme. Ce chiffre décrit l’activité cumulée annoncée par Rayon, sans renseigner la fréquence d’utilisation ni le nombre de projets encore actifs.

Cette séparation compte pour une équipe qui travaille déjà sur des plans : elle peut apprécier les fonctions de dessin et de partage à partir du produit existant, mais la vue en volume relève encore de la prochaine version. Rayon prévoit que celle-ci reliera le plan à une représentation spatiale du même projet. La date annoncée reste une échéance de sortie, pas une démonstration des capacités finales.

Pourquoi placer l’IA dans le dessin

La différence tient au résultat que le concepteur doit pouvoir reprendre. Une image de pièce sert à explorer une ambiance ou à montrer une intention visuelle. Un dessin de projet contient aussi des murs, des ouvertures, des dimensions et des informations associées à ses éléments. Si une proposition change, ces données doivent rester cohérentes pour que le projet puisse continuer à être modifié et partagé.

La vectorisation déjà proposée par Rayon illustre une première étape : à partir d’un plan photographié ou numérisé, elle produit des éléments éditables au lieu de laisser une image à retracer. L’ambition de la version 4 va plus loin. Ses fonctions annoncées devraient aider à effectuer des tâches dans le projet lui-même, puis laisser au concepteur un résultat qu’il puisse examiner et corriger dans son dessin.

À titre d’exemple hypothétique, déplacer une cloison avec une telle aide demanderait de conserver un tracé exploitable et de vérifier les ouvertures, les mesures et les informations liées aux éléments déplacés. Générer une nouvelle image de la pièce ne résoudrait pas, à lui seul, ces questions de conception. C’est sur la précision des modifications et sur la possibilité de les reprendre que la future IA de Rayon devra être appréciée.

Rayon prévoit la version 4 avant la fin de 2026. Sa sortie permettra de voir comment la 3D s’articule avec les plans existants et quelles tâches les nouvelles fonctions d’IA peuvent réellement accomplir dans un dessin modifiable.

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