PostHog ou Mixpanel : la facture dépend de la personne qui analyse

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|7 min de lecture
PostHog ou Mixpanel : la facture dépend de la personne qui analyse

PostHog convient surtout si des ingénieurs ou des analystes utilisent SQL pour répondre aux questions produit et veulent chiffrer chaque module. Mixpanel peut mieux convenir lorsque les responsables produit explorent eux-mêmes entonnoirs, rétention et cohortes : leur autonomie entre alors dans le calcul, au même titre que le prix des événements.

Le choix dépend donc de la charge mensuelle et de la personne qui obtient les réponses. Une comparaison utile additionne les événements, les replays et les fonctions annexes, puis distingue le tarif affiché du coût d’un volume ou d’une option à préciser avant l’achat.

Le prix des événements ne raconte qu’une partie de la facture

Le barème de Product Analytics de PostHog inclut un million d’événements mensuels, facture le million suivant à 0,0000500 $ par événement et la tranche de deux à quinze millions à 0,0000343 $ ; il indique aussi un accès SQL et des rapports visuels. Le tarif baisse ensuite par paliers. L’intérêt de SQL est de pouvoir formuler une question qui dépasse les rapports prévus, à condition que quelqu’un sache construire et contrôler la requête.

La grille de Mixpanel inclut un million d’événements et 10 000 replays mensuels sur Free ; Growth conserve le premier million d’événements gratuit, comprend 20 000 replays et permet d’acheter un volume pouvant atteindre 20 millions d’événements par mois. Elle présente aussi les entonnoirs et la rétention, les cohortes enregistrées sans limite sur Growth, ainsi que 10 flags actifs sur Free et 50 sur Growth. Ces allocations décrivent plusieurs usages distincts : un prix par événement, pris isolément, ne chiffre ni les replays supplémentaires ni les options d’analyse.

Replays et flags : des compteurs qui ne se superposent pas

Les paliers de replays web de PostHog ajoutent un coût distinct à celui des événements.

La tarification des replays web de PostHog inclut 5 000 enregistrements par mois, puis facture les 10 000 suivants à 0,0050 $ chacun, la tranche jusqu’à 50 000 à 0,0035 $ et celle jusqu’à 150 000 à 0,0020 $. Les replays mobiles ont leur propre allocation et leurs propres paliers. Les simulations qui suivent portent donc uniquement sur des enregistrements web ; ajouter des sessions mobiles changerait le total.

La présentation générale des tarifs de PostHog inclut un million de requêtes de feature flags chaque mois et autorise une limite de facturation par produit ; elle prévoit un an de conservation des événements sur Free et sept ans sur l’offre à l’usage, contre un mois et 90 jours respectivement pour les replays. Le compteur de requêtes de PostHog ne correspond pas au nombre de flags actifs affiché par Mixpanel. Une équipe qui utilise aussi les expérimentations doit comparer leurs limites propres avant de traiter ces fonctions comme équivalentes.

La durée de conservation compte si une équipe revient sur un parcours ancien ou enquête après la disparition d’un replay. Pour les replays, Mixpanel affiche 30 jours sur Free et Growth et une durée personnalisable sur Enterprise. Ce critère concerne l’accès aux enregistrements historiques, tandis que les paliers mensuels décrivent combien de nouvelles sessions peuvent être capturées.

Trois charges mensuelles, avec les mêmes hypothèses

Les montants ci-dessous sont des simulations conditionnelles en dollars, hors taxes, calculées à partir des paliers publics précédents. Elles excluent les autres modules, les remises contractuelles et le temps consacré à produire l’analyse. Leur intérêt est de montrer à quel moment chaque compteur entre dans la facture, sans attribuer à Mixpanel un total que les allocations affichées ne permettent pas de calculer.

  • Petite charge : avec 800 000 événements, 4 000 replays web et aucune requête de flag, les compteurs retenus restent dans les allocations gratuites de PostHog : 0 $. Les événements et les replays restent également sous les plafonds Free de Mixpanel, soit 0 $ pour ces usages, si les fonctions nécessaires à l’équipe sont disponibles dans ce forfait.
  • Charge intermédiaire : avec 5 millions d’événements, 50 000 replays web et un million de requêtes de flags, PostHog facture 50 $ pour le premier million d’événements payants et 102,90 $ pour les trois millions suivants. Les replays ajoutent 50 $ puis 122,50 $ ; les requêtes de flags restent dans l’allocation incluse. Le total calculé est de 325,40 $ par mois. Chez Mixpanel, il faut choisir un volume Growth couvrant les événements et une allocation de replays supérieure à celle de base avant d’obtenir un total comparable.
  • Charge élevée : avec 20 millions d’événements, 100 000 replays web et un million de requêtes de flags, les paliers publics de PostHog donnent 643,40 $ pour les événements et 272,50 $ pour les replays, soit 915,90 $ par mois. Ce volume d’événements atteint la limite indiquée pour Growth chez Mixpanel, tandis que les replays dépassent son allocation incluse. Le prix de ce panier complet dépend du volume et des suppléments effectivement choisis.

Le montant intermédiaire ne constitue donc pas un écart de prix établi entre les deux plateformes. Il chiffre précisément un panier PostHog ; pour Mixpanel, le tarif de dépassement d’un petit forfait Growth ne doit pas être confondu avec le prix d’un forfait dimensionné à l’avance pour la même charge.

Un dépassement n’a pas le même effet sur les deux offres

PostHog permet de plafonner la consommation, tandis que Mixpanel signale les dépassements de son forfait.

La documentation tarifaire de Mixpanel fixe à 0,00028 $ par événement le dépassement d’un forfait Growth limité à un million d’événements mensuels ; elle précise que l’achat préalable d’un volume supérieur réduit ce taux, que Group Analytics et Data Pipelines ajoutent respectivement 40 % et 20 % aux frais liés aux événements supplémentaires, et qu’aucun plafond de facturation ne peut actuellement être fixé. Appliquer mécaniquement le taux de dépassement à quatre millions d’événements donnerait 1 120 $. Ce calcul illustre le coût d’un dépassement sur ce forfait précis, pas le prix d’un engagement adapté à cinq millions d’événements.

Mixpanel avertit les responsables de la facturation à mesure que le volume du forfait est consommé. Sur Free, le dépassement de la limite d’événements bloque l’accès aux rapports jusqu’à une montée en gamme ou au renouvellement mensuel, sans frais de dépassement. PostHog permet de plafonner chaque produit, mais les événements reçus au-delà de la limite sont abandonnés : une facture plafonnée peut donc s’accompagner d’une perte de données. La maîtrise du budget suppose de choisir entre la poursuite de la collecte et un arrêt automatique, selon le risque acceptable pour l’équipe.

La personne qui pose la question change le coût du travail

PostHog devient particulièrement intéressant quand l’ingénierie prend en charge les analyses inhabituelles, relie des propriétés d’événements à d’autres données et utilise SQL pour sortir des rapports standard. Il offre aussi des analyses visuelles : chaque question ne demande pas une requête. En revanche, si un responsable produit doit attendre un ingénieur pour préciser un entonnoir ou modifier une segmentation, ce temps de travail fait partie du coût réel de la réponse.

Mixpanel met l’exploration des entonnoirs, de la rétention et des cohortes au centre du travail quotidien des responsables produit. Pour un SaaS B2B, l’analyse des comptes comme groupes relève de l’option Group Analytics ; l’envoi de données vers un entrepôt pour les interroger ailleurs relève de Data Pipelines. Ces besoins modifient le périmètre acheté. L’autonomie dans les rapports peut faire gagner du temps, mais elle ne remplace pas une définition cohérente des événements et des propriétés suivis.

Quel choix pour l’équipe ?

  • Si les ingénieurs produisent les analyses, utilisent SQL et veulent connaître à l’avance le coût de chaque compteur, PostHog offre des paliers publics permettant de recalculer le panier d’événements et de replays.
  • Si les responsables produit interrogent directement les entonnoirs, la rétention et les cohortes, Mixpanel mérite d’être évalué sur le temps nécessaire pour obtenir ces réponses, avec le volume Growth, les replays et les options B2B réellement requis.
  • Si les deux profils travaillent ensemble, le choix dépend des questions qui reviennent le plus souvent. Une charge identique peut justifier des dépenses différentes selon que l’analyse passe par SQL, par les rapports produit ou par une fonction supplémentaire facturée séparément.

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