New York bannit l’IA jusqu’en 8e, mais la teste au lycée

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|5 min de lecture| 1
New York bannit l’IA jusqu’en 8e, mais la teste au lycée

La ville de New York a annoncé le 2 septembre 2026 un moratoire d’un an sur les logiciels d’intelligence artificielle générative directement accessibles aux élèves, de la 2-K — le préscolaire pour les enfants de deux ans — à la 8e année. Pour l’année scolaire 2026-2027, la politique présentée par la mairie écarte ces outils pour les plus jeunes, interdit les chatbots compagnons à tous les niveaux et réserve cinq pilotes encadrés à certaines classes de lycée.

Il ne s’agit donc ni d’une interdiction de toute intelligence artificielle, ni d’une mesure applicable à toutes les écoles de l’État de New York. Le dispositif concerne le réseau scolaire public municipal : moratoire jusqu’à la fin de la 8e année, usages pédagogiques limités au lycée et exceptions pour certains besoins d’accessibilité ou parcours professionnels.

Le moratoire cible les outils génératifs destinés aux élèves

La règle porte sur les logiciels avec lesquels un élève peut produire directement du texte, des images, du son ou d’autres contenus à partir d’une instruction. Elle ne s’étend pas automatiquement à tous les logiciels scolaires, aux outils numériques sans fonction générative ou à toute utilisation de l’IA par le personnel.

Les enseignants et les autres membres du personnel peuvent continuer à employer des outils approuvés pour préparer les cours et accomplir des tâches opérationnelles. Ils restent responsables de l’exactitude et de la pertinence de leur travail, et l’IA ne peut servir à noter un élève, surveiller son comportement ou décider de son placement, de son passage dans la classe supérieure ou de l’obtention de son diplôme.

La grille des règles change selon le niveau scolaire

Des élèves du primaire travaillent sans IA générative ni écran individuel pendant une activité dirigée par leur enseignant.

La grille officielle de New York City Public Schools distingue deux mesures : le moratoire sur l’IA générative destinée aux élèves et les limites applicables à l’usage individuel des écrans. Les durées quotidiennes sont des recommandations, tandis que le moratoire vaut pour toute l’année scolaire concernée.

  • 2-K à la 2e année : l’IA générative destinée aux élèves est interdite et aucun usage individuel d’un écran n’est prévu en classe. Un enseignant peut toutefois diriger une activité collective ou en petit groupe avec un ordinateur, une tablette ou un tableau interactif.
  • 3e à 5e année : le moratoire s’applique, avec une recommandation de trente minutes au maximum d’écran individuel par jour.
  • 6e à 8e année : les outils génératifs destinés aux élèves restent interdits et le plafond recommandé passe à quarante-cinq minutes quotidiennes d’écran individuel.
  • 9e à 12e année : il n’existe pas d’accès général à l’IA générative. Son utilisation est limitée aux programmes vérifiés et approuvés, à certains parcours de préparation professionnelle et aux pilotes autorisés, sous la supervision d’un enseignant.

Les restrictions d’écran ne couvrent pas les technologies d’assistance, les évaluations, l’enseignement à distance et certaines activités pédagogiques approuvées, comme la programmation, la robotique ou les simulations. Les outils nécessaires aux élèves handicapés ou multilingues restent accessibles, notamment lorsqu’ils sont prévus par un programme éducatif individualisé ou un plan d’accompagnement.

Au lycée, cinq pilotes remplacent l’accès libre

Des lycéens utilisent un programme d’IA approuvé sous la supervision directe d’un enseignant et doivent expliquer leur raisonnement.

Les cinq programmes retenus sont Quill, Edia, Brisk Teaching, Playlab et Intel AI-Ready Schools. Les établissements peuvent proposer jusqu’à cinq classes, dans la limite globale de 50 000 lycéens de l’enseignement général. Chaque utilisation doit être liée à une activité définie et se dérouler sous la supervision directe d’un enseignant formé.

Les pilotes ne poursuivent pas tous le même objectif. Quill porte sur la lecture attentive, l’analyse de texte et l’argumentation ; Edia accompagne le raisonnement mathématique ; Brisk Teaching repose sur des exercices préparés par l’enseignant ; Playlab invite à examiner le raisonnement et les biais des réponses ; Intel AI-Ready Schools s’inscrit dans des projets semestriels consacrés à des problèmes de la communauté.

La fréquence d’utilisation est elle aussi encadrée : quelques minutes par semaine pour certains outils, deux devoirs par période pour Playlab et une séance hebdomadaire dans le cadre d’un projet semestriel pour Intel AI-Ready Schools. Les familles doivent être informées lorsqu’une classe participe à l’un de ces dispositifs.

Tous les lycéens doivent par ailleurs suivre deux modules de quarante-cinq minutes sur le fonctionnement de l’IA, la protection des données, les biais, les risques et les usages appropriés à l’école. La politique sépare ainsi l’apprentissage critique de la technologie de son utilisation autonome pour produire un travail scolaire.

Les chatbots compagnons restent interdits partout

La distinction entre les âges disparaît pour les chatbots compagnons : ils sont interdits de la 2-K à la terminale. Les cinq pilotes pédagogiques du lycée ne constituent donc pas une autorisation générale d’utiliser des agents conversationnels conçus pour simuler une relation personnelle.

Tous les outils technologiques du réseau doivent aussi faire l’objet d’un examen plus large. Le processus d’approbation existant contrôle déjà la confidentialité et la sécurité des données ; la politique prévoit d’étendre l’évaluation aux biais algorithmiques, aux effets sur l’équité, à la conception pédagogique et à l’efficacité pour l’apprentissage.

La politique sera évaluée pendant une année scolaire

Des représentants des écoles publiques de New York évaluent le moratoire et les pilotes encadrés avant de formuler leurs recommandations.

Une coalition réunissant élèves, enseignants, parents, élus, syndicats, associations et spécialistes doit étudier le moratoire et les pilotes pendant l’année 2026-2027. Son rapport formulera des recommandations pour les années suivantes, sans que le maintien, l’assouplissement ou l’élargissement de la politique soit déjà décidé.

Les garanties imposées aux fournisseurs et la brièveté de la période d’évaluation alimentent déjà les critiques. L’Associated Press rapporte que le président de l’United Federation of Teachers demande des exigences plus fortes pour les produits achetés, tandis que l’organisation Fairplay juge une année insuffisante pour mesurer leur efficacité, leur sécurité et leurs effets sur les interactions en personne.

À ce stade, seule la règle applicable à 2026-2027 est arrêtée : pas d’IA générative destinée aux élèves jusqu’en 8e année, pas de chatbot compagnon quel que soit l’âge et quelques usages supervisés au lycée. La suite dépendra de l’application concrète du moratoire, des observations recueillies dans les pilotes et des recommandations de la coalition.

À lire aussi:

Partager:

Abonnez-vous à notre newsletter

Recevez directement les dernières actualités sur le Web3, l’IA et les cryptomonnaies.

0