Sophie Adenot dans le vide : 6 h 23, mais l’antenne reste à poser

Le 18 août 2026, Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. Avec l’astronaute de la NASA Anil Menon, elle a passé 6 h 23 à l’extérieur de la Station spatiale internationale (ISS) : le bilan opérationnel de la NASA confirme que l’antenne défaillante a été retirée et arrimée à la structure, mais que l’unité de remplacement n’a pas été installée.
Le jalon historique est donc acquis, tandis que le chantier technique reste ouvert. Sophie Adenot et Anil Menon doivent reprendre le travail le 25 août 2026 lors d’une seconde sortie, une date et un objectif également présentés par le programme publié par le CNES : installer l’antenne de rechange sur la poutre Z1 après les difficultés rencontrées avec les connecteurs électriques et les boulons de l’ancien équipement.
Une première française, même avec un chantier inachevé

Cette activité extravéhiculaire était la première de la carrière de Sophie Adenot et la deuxième d’Anil Menon. Elle fait de l’astronaute de l’Agence spatiale européenne la première Française à travailler en scaphandre à l’extérieur de l’ISS, hors de son environnement pressurisé.
Ce résultat humain ne dépend pas de l’installation de l’antenne neuve. La sortie a bien été menée pendant 6 h 23 et l’équipage a accompli une partie substantielle de la maintenance prévue. En revanche, présenter l’opération technique comme terminée serait inexact : au retour dans le sas Quest, l’ancien équipement était sécurisé sur la Station et son remplaçant attendait encore son transfert.
Pourquoi le démontage a absorbé les 6 h 23

Le plan initial comportait plusieurs étapes dépendantes. Les astronautes devaient déconnecter et déposer l’antenne Space-to-Ground défaillante, la sécuriser, récupérer une unité de rechange stockée à l’extérieur, la transporter jusqu’à Z1, puis effectuer sa fixation et ses raccordements électriques et de données.
La première phase a demandé plus de temps que prévu. Les câbles électriques ont été difficiles à déconnecter et les boulons à desserrer, ce qui a retardé toute la séquence. Lorsque l’ancienne antenne a enfin été retirée, la marge restante ne permettait plus d’engager raisonnablement le transfert et la pose du nouvel équipement.
La sortie ne s’est pas arrêtée immédiatement après ce report. À proximité du sas Quest, les astronautes ont aussi rangé leur zone de travail, inspecté un dispositif portable de maintien des pieds et procédé à son remplacement. La durée finale ne signale donc pas une interruption brutale : elle correspond à une intervention complète en temps, mais dont la priorité technique a dû être scindée en deux.
La SGANT maintient une liaison à haut débit
SGANT signifie « Space-to-Ground Antenna », ou antenne espace-sol. Le système relie l’ISS aux satellites de suivi et de relais de données de la NASA, puis aux centres de contrôle, notamment celui de Houston. Il prend en charge des communications à haut débit utiles aux échanges vocaux et au transport des données opérationnelles.
L’absence temporaire de l’unité de remplacement n’a pas rendu la Station muette. L’ISS continue de fonctionner avec une autre antenne Space-to-Ground pleinement opérationnelle. La seconde sortie vise donc à rétablir la configuration matérielle prévue et sa capacité disponible, et non à restaurer une liaison totalement coupée.
La géographie extérieure de la Station ajoute une difficulté. L’antenne neuve se trouve sur une plateforme de stockage, tandis que son point d’installation est situé sur la structure Z1, au-dessus du module Unity. Déplacer cet équipement impose de coordonner les gestes effectués en scaphandre avec le positionnement assuré par le bras robotique Canadarm2.
Ce qui reste à faire le 25 août

La seconde intervention doit commencer par la libération de l’antenne de rechange et sa récupération depuis la plateforme extérieure. D’après le compte rendu d’Euronews du 21 août, Anil Menon doit utiliser Canadarm2 pendant que Sophie Adenot libère l’équipement ; le duo devra ensuite l’amener jusqu’à Z1, le fixer et réaliser les connexions nécessaires à sa mise en service.
Cette chronologie ne laisse guère de raccourci : l’unité doit être dégagée avant son déplacement, correctement positionnée avant sa fixation, puis raccordée avant son activation. Le succès opérationnel de la seconde sortie se mesurera donc à l’installation effective de la SGANT, pas au seul fait qu’Adenot et Menon auront de nouveau franchi le sas.
Une tâche supplémentaire est envisagée si la durée disponible le permet : remplacer un réflecteur de navigation à l’avant du module Harmony. Elle demeure secondaire. À ce stade, le bilan est nettement partagé : la première sortie spatiale d’une Française est achevée depuis le 18 août, mais le remplacement de l’antenne ne le sera qu’après son transfert, sa fixation et ses raccordements sur Z1.
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