Divine ouvre ses boucles de six secondes, l’IA reste interdite

Depuis le 20 août 2026, Divine Video accepte les inscriptions sans code d’invitation dans les boutiques où l’application est distribuée. Son annonce d’ouverture au public avait fixé cette date, confirmé la suppression des codes et maintenu le principe de vidéos en boucle de six secondes sans contenu généré par IA.
Divine est donc bien publique, mais ce n’est ni une relance officielle de Vine ni un service de Twitter ou de X. Elle reprend la contrainte créative de l’ancienne application, y ajoute des archives de Vine et construit les nouvelles publications sur Nostr, avec une politique qui réserve la plateforme aux créations humaines.
L’ouverture supprime une barrière, pas une phase de téléchargement

Divine Video était déjà téléchargeable avant le 20 août, mais l’inscription restait limitée par des invitations. L’événement est la levée de cette restriction : un nouvel utilisateur peut désormais rejoindre le service sans recevoir de code d’un membre existant.
Cette distinction évite de confondre trois étapes différentes : la bêta sur invitation, l’arrivée antérieure dans les boutiques mobiles et l’ouverture générale des comptes. La couverture publiée le jour de l’ouverture confirme que Divine était alors accessible au public, permettait de créer de nouvelles boucles de six secondes et maintenait son interdiction des vidéos générées par IA.
L’ouverture s’accompagne d’outils déjà annoncés pour les créateurs, dont l’animation image par image, la fonction « Inspired By » et les pourboires. Leur présence établit que Divine ne se limite pas à consulter des archives, mais aucun chiffre public ne permet encore de mesurer l’utilisation des outils ou les revenus tirés des pourboires.
Divine reprend un format de Vine, pas son identité
La ressemblance la plus nette tient aux vidéos de six secondes rejouées en boucle. Divine donne aussi accès à des séquences préservées de l’ancien Vine, mais elle demeure indépendante de Vine, de Twitter et de X : les archives constituent un fonds patrimonial, tandis que les nouvelles vidéos appartiennent au service actuel.
Les décomptes publics de ces archives ne sont pas assez cohérents pour retenir un total précis. Des articles récents évoquent plusieurs millions de séquences consultables, alors que la FAQ de Divine affiche un nombre bien inférieur de vidéos effectivement récupérées et précise que seule une partie de la bibliothèque originale a été conservée. Ces valeurs peuvent désigner des étapes ou des ensembles différents; elles ne permettent surtout pas d’estimer le nombre d’utilisateurs actifs ni le volume de créations nouvelles.
Divine se distingue également de TikTok et d’Instagram par une contrainte beaucoup plus étroite. Ces plateformes réunissent plusieurs durées et modes de publication, alors que Divine fait de la boucle de six secondes le centre du produit. Cette identité est claire; sa capacité à retenir durablement un public n’est pas encore démontrée par des données d’usage publiées.
L’interdiction de l’IA n’est pas une garantie d’authenticité

Divine interdit les vidéos générées par IA et associe cette règle à plusieurs contrôles : ProofMode, détection automatisée, signalements des utilisateurs et examen humain. ProofMode ajoute notamment des signatures, des empreintes de contenu et des horodatages afin d’attester qu’une séquence a été capturée par une caméra.
Ces signaux établissent une provenance technique, mais ils ne prouvent pas à eux seuls que tout ce qui apparaît devant la caméra est authentique. Une séquence synthétique diffusée sur un écran puis filmée produit elle aussi une nouvelle capture réelle. Divine reconnaît d’ailleurs que la détection de l’IA reste imparfaite et que certaines publications peuvent échapper à ses systèmes.
La promesse exacte est donc une politique d’exclusion assortie de contrôles, et non une certification absolue de chaque vidéo. L’épreuve décisive sera son fonctionnement à plus grande échelle : volume des signalements, délai des examens humains, faux positifs et capacité à retirer rapidement les contenus qui contournent les règles.
Nostr ouvre l’identité, sans résoudre le modèle économique

Divine repose sur Nostr, un protocole ouvert dans lequel les identités et les publications sont liées à des clés cryptographiques et circulent par l’intermédiaire de relais. Une identité peut ainsi être utilisée dans d’autres logiciels compatibles, contrairement à un compte entièrement enfermé dans une plateforme fermée.
Cette portabilité a toutefois des limites. Elle ne garantit ni le même classement des vidéos, ni la reproduction des statistiques, des pourboires ou de toutes les interactions propres à Divine dans un autre client. Elle complique aussi la suppression complète d’un contenu déjà copié par des relais ou des services tiers.
Sur le plan commercial, Taco Bell est le premier partenariat de marque présenté par Divine. L’enquête de Digiday précise que la marque a promu l’application dans le cadre d’une campagne américaine et que Divine n’exclut pas la publicité, alors que son modèle de revenus reste en construction.
Le lancement public permet désormais d’observer le pari au-delà d’une communauté invitée. L’accès sans code, les boucles de six secondes, Nostr et l’interdiction de l’IA sont établis; l’efficacité des contrôles, l’activité des créateurs, l’adoption des pourboires et la capacité du service à financer son fonctionnement restent à documenter.
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