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Cato lève 6 M€ : l’IA s’attaque aux appels d’offres publics

|Auteur: Équipe éditoriale de QUASA|5 min de lecture| 2
Cato lève 6 M€ : l’IA s’attaque aux appels d’offres publics

Le 7 septembre 2026, la start-up milanaise Cato a annoncé un tour d’amorçage de 6 millions d’euros mené par Keen Venture Partners. L’annonce publiée par Keen porte le financement cumulé à 7,6 millions d’euros et mentionne la participation d’investisseurs historiques, dont Italian Founders Fund, Vento, Heartfelt et BHeroes.

Le capital doit renforcer le produit, soutenir l’expansion commerciale et financer la croissance de l’équipe. La plateforme automatise la recherche de marchés, la lecture des pièces et une partie de la préparation des candidatures, mais l’entreprise cliente conserve la validation et la soumission finales.

Un financement pour passer de l’Italie à une échelle plus large

Cato organise le développement de sa plateforme, son expansion commerciale et ses recrutements après une levée de 6 millions d’euros.

Le tour intervient quelques mois après un pré-amorçage de 1,6 million d’euros. Cato, fondée à Milan en 2025 par Andrea Zorzetto et Matteo Bossolini, veut étendre sa couverture à de nouveaux secteurs et répondre aux besoins de clients multinationaux engagés dans des procédures hors d’Italie.

La thèse financière repose sur la fréquence et la lourdeur du travail effectué par les fournisseurs. Repérer un avis ne suffit pas : il faut encore parcourir les documents, vérifier l’admissibilité lot par lot, rapprocher des exigences parfois dispersées et assembler une réponse conforme. Cato cherche ainsi à vendre un outil de travail continu, plutôt qu’un simple moteur de veille.

La valorisation associée à l’opération n’a pas été rendue publique. Le montant levé ne révèle donc ni la part du capital cédée, ni la valeur attribuée aux revenus, à la technologie ou au portefeuille de clients.

Le parcours d’un appel d’offres dans Cato

La plateforme de Cato extrait les exigences d’un marché public et prépare un projet de dossier à partir des documents de l’entreprise.

Le traitement commence par la surveillance des avis et des pièces accessibles en ligne. La description fonctionnelle publiée par EU-Startups fait état de plus de 27 000 sources suivies, dont les possibilités sont classées en fonction du profil de chaque entreprise.

La plateforme analyse ensuite les documents pour en extraire les conditions d’éligibilité, les critères d’évaluation et les informations demandées. Elle peut signaler des incohérences entre les pièces et préremplir des sections administratives ou techniques à partir des contenus fournis par le candidat.

Les affirmations générées doivent rester rattachées à leur document d’origine afin de faciliter la relecture. Cette traçabilité ne garantit toutefois ni l’exactitude de l’interprétation, ni la recevabilité du dossier, ni l’obtention du marché : elle permet surtout à l’utilisateur de revenir au passage sur lequel repose une proposition du logiciel.

La décision finale ne passe pas à l’IA

L’automatisation concerne le travail documentaire du fournisseur, pas la décision d’attribution. L’entreprise candidate doit encore vérifier qu’elle satisfait aux conditions juridiques, techniques et financières, contrôler les données insérées et décider si elle souhaite participer.

La même séparation vaut après le dépôt. Cato peut estimer qu’un marché correspond au profil d’un fournisseur et l’aider à préparer sa réponse ; l’acheteur public reste seul responsable de ses critères, de l’examen des offres et du choix du titulaire.

Cette limite est également une protection pour Cato. Une exigence mal interprétée, une déclaration inexacte ou une pièce manquante peut entraîner le rejet d’une candidature. En maintenant l’approbation finale chez le client, le produit se présente comme une assistance à la préparation plutôt que comme un système autonome capable d’engager juridiquement l’entreprise.

Un vaste marché, mais des métriques encore déclaratives

Des appels d’offres italiens numérisés sont triés afin qu’une entreprise identifie les marchés correspondant à son profil.

L’Italie fournit un marché initial important. Les données de l’ANAC reprises par TNW chiffrent les contrats publics italiens à 309,7 milliards d’euros en 2025, répartis entre 287 421 contrats, soit une hausse annuelle de 13,9 % en valeur. Le même article attribue à Cato le passage de 30 clients en avril à plus de 150 au moment du tour.

Ces nombres n’ont pas le même statut. La taille du marché provient de statistiques publiques, tandis que le nombre de clients est une métrique communiquée par l’entreprise. Les informations disponibles ne permettent pas de vérifier indépendamment leur niveau d’activité, leur fidélité, les revenus correspondants ou la proportion de candidatures gagnantes.

La simplification administrative italienne nuance aussi le pari des investisseurs. En deux ans, la part des procédures analogiques serait passée de 21 % à 1 %, tandis que le nombre d’autorités contractantes qualifiées aurait reculé de plus de 20 000 à environ 4 000. Ce dernier périmètre ne correspond pas nécessairement à l’ensemble des organismes acheteurs, mais il montre que l’État réduit certaines frictions institutionnelles.

La numérisation peut néanmoins produire davantage de pièces structurées et accessibles au logiciel sans supprimer le travail du candidat. La valeur de Cato dépendra donc moins de la persistance des formulaires papier que de sa capacité à interpréter correctement des volumes élevés de documents, des règles sectorielles et des portails différents.

Ce que le tour ne démontre pas encore

Les 6 millions d’euros confirment l’intérêt d’investisseurs pour l’automatisation des réponses aux marchés publics. Ils ne démontrent pas que les recommandations de Cato améliorent le taux de contrats remportés, ni que la plateforme peut conserver la même efficacité lors d’une expansion européenne.

Au 10 septembre 2026, le montant du tour, son chef de file, le financement cumulé et les principales étapes automatisées sont documentés. Restent inconnus la valorisation, les revenus récurrents, la rétention des clients et le gain mesuré face à une préparation sans Cato. Ces données détermineront si la croissance déclarée correspond à une adoption durable et à une amélioration vérifiable des candidatures.

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